Recommandations pour le budget fédéral de 2025

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Génération Squeeze
/17 février 2025
Le Canada peut aider les personnes de tous âges à s'épanouir, tout en renforçant la résilience et la sécurité économique nécessaires pour faire face aux menaces actuelles, en suivant ses recommandations politiques fondées sur des données probantes.

C’est ce que nous avons indiqué à Ottawa dans notre mémoire relatif au budget fédéral de 2025. Nous espérons qu’ils suivront nos recommandations afin de bâtir un Canada qui profite à toutes les générations.

Vous souhaitez appuyer ces recommandations ? Vous avez jusqu’au 10 mars pour faire part à Ottawa de vos attentes concernant le prochain budget fédéral. Pour en savoir plus, consultez la page : Consultations prébudgétaires 2025

 

1. Réformer les prestations de retraite pour éliminer la pauvreté des personnes âgées et aider les jeunes générations.

Le programme de la Sécurité de la vieillesse du Canada a un besoin urgent de réforme. Il n'a pas été revu depuis sa création en 1952, alors qu'il représente aujourd'hui environ le cinquième du budget fédéral. Le vérificateur général a récemment tiré la sonnette d'alarme concernant ce manque de transparence et de reddition de comptes. Les sondages confirment que les critères d'admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse ne correspondent pas à l'opinion de la plupart des Canadiens quant aux personnes qui ont besoin d'une aide financée par les contribuables.

La solution consiste à moderniser les critères d'admissibilité à la pension de réversion afin de réduire les versements aux retraités aisés dont le revenu annuel dépasse 100 1 $. Cette modification priverait un retraité sur quatre d'environ 4 3,200 $ de revenu net après impôt. Les trois quarts des Canadiens, y compris les aînés, approuvent cette mesure. Même le principal groupe de défense des aînés au Canada (l'Association canadienne des personnes retraitées) a publiquement déclaré qu'il est temps de revoir les seuils d'admissibilité à la pension de réversion.

Les économies réalisées grâce à cette seule réforme s'élèveraient à environ 36 milliards de dollars sur cinq ans . Avec ces fonds, nous pourrions accomplir de grandes choses pour les Canadiens de tous âges, et ce, sans augmenter les impôts.

  • Sortir tous les aînés de la pauvreté – soit un peu moins d'un demi-million de personnes. Prix ​​: 12 milliards de dollars
  • Accorder un soutien financier supplémentaire aux personnes âgées à faible revenu. Prix ​​: 4 milliards de dollars
  • Le doublement des dépenses proposées pour le logement abordable. Prix ​​: 6 milliards de dollars
  • Le doublement des dépenses proposées pour l'enseignement postsecondaire. Prix ​​: 5 milliards de dollars
  • Augmenter de 50 % les investissements dans les services de garde d'enfants abordables. Prix ​​: 5 milliards de dollars
  • Commencez à rembourser le déficit. Prix ​​: 4 milliards de dollars

Voilà un plan gagnant-gagnant-gagnant que nous pouvons tous soutenir, surtout à un moment où le Canada a besoin de disposer de solides finances publiques pour répondre aux tarifs douaniers américains et aux autres menaces.

 

2. Renforcer les fonds nécessaires pour soutenir notre population vieillissante en éliminant les abris fiscaux obsolètes.

Les dépenses liées aux prestations de retraite augmentent rapidement avec le départ à la retraite de la génération du baby-boom. Afin de pérenniser ce programme (après sa réforme) et de garantir la sécurité financière des retraités, il est impératif d'examiner tous les leviers politiques disponibles. Une mesure évidente consiste à supprimer deux dispositifs fiscaux contestables pour les retraités, dont le coût dépasse 6 milliards de dollars par an, alors même que leur conception ne profite généralement pas aux seniors les plus modestes.

Avec un coût annuel de 5 milliards de dollars, le crédit d'impôt pour les personnes âgées représente l'équivalent des investissements d'Ottawa dans les services de garde d'enfants à 10 $ par jour en 2024. Il permet aux personnes de plus de 64 ans de se prémunir contre l'impôt sur un revenu de 8 000 $, offrant un avantage maximal de 1 200 $ aux retraités dont le revenu est inférieur à 40 000 $. Cet avantage fiscal disparaît complètement pour les retraités dont le revenu dépasse 92 000 $, soit environ 25 000 $ de plus que le revenu médian au Canada. Il est arbitraire de maintenir un tel avantage fiscal pour les plus de 64 ans, car ce groupe démographique est le plus riche et le moins pauvre de tous les groupes d'âge au Canada. D'autant plus que Statistique Canada indique que de nombreux jeunes renoncent désormais à avoir des enfants en raison du grand écart entre le coût du logement et les revenus d'un emploi à temps plein.

De même, le crédit d’impôt pour revenu de pension coûte 1.4 milliard de dollars par année à Ottawa. Il permet à tout retraité de mettre à l’abri de l’impôt jusqu’à concurrence de 2 000 $ de revenu de pension. Ce crédit privilégie de fait le revenu de pension par rapport aux revenus d’un travail rémunéré, même si les travailleurs au salaire minimum et les autres travailleurs à faible salaire sont plus susceptibles de connaître la pauvreté et l’insécurité du logement que les retraités.

 

 3. Indemniser les jeunes qui ont sacrifié leur sécurité financière pour protéger le patrimoine immobilier que les propriétaires plus âgés ont constitué grâce à la hausse des prix de l'immobilier.

Le Canada pourrait rendre le logement plus abordable en structurant ses politiques autour de l'objectif de faire baisser les prix des maisons. Des prix plus bas permettraient à ceux qui n'ont pas accès à la propriété d'avoir de meilleures chances d'y accéder, et ceux qui subissent des loyers élevés verraient leurs mensualités plus en adéquation avec leurs revenus.

Malgré ces avantages, la question de la baisse des prix de l'immobilier est rarement abordée en politique. Les politiciens, soucieux de gagner des voix, privilégient la protection du patrimoine que les propriétaires âgés ont accumulé grâce à la hausse des prix, plutôt que de restaurer ce que les jeunes ont perdu : le rêve d'un logement sûr et abordable. En bref, le compromis politique auquel nous sommes confrontés au Canada demande aux jeunes de sacrifier leur bien-être financier pour préserver l'épargne de leurs parents et grands-parents.

Le budget 2025 doit examiner comment récompenser les jeunes pour leur remarquable solidarité intergénérationnelle. On peut commencer par consacrer une partie des économies réalisées à la réforme de la sécurité des personnes âgées afin de réduire les coûts du logement, de la garde d'enfants, de l'éducation et autres dépenses.

 

4. Défendons la tarification de la pollution afin de ne pas laisser de gros dégâts à nos enfants.

Si vous faites des dégâts, nettoyez-les. C'est une valeur familiale que nous inculquons à nos enfants, et nous devrions appliquer le même principe en matière de pollution. C'est pourquoi le budget 2025 doit maintenir la taxe sur la pollution au Canada.

Nos dirigeants politiques tenteront peut-être de nous convaincre que payer pour notre pollution n'est pas urgent ; que nous n'avons pas à nous soucier de la trahison, de l'abandon et de l'anxiété que nos enfants ressentent face à la lenteur de notre réaction aux risques climatiques dont ils hériteront. Mais en réalité, nous n'avons pas vraiment le choix entre payer ou ne pas payer pour notre pollution : notre seul choix est entre payer moins maintenant ou laisser aux générations futures le soin de payer davantage plus tard.

Un nouveau sondage confirme que la plupart des Canadiens (73 %) estiment que les politiciens trahissent leurs enfants lorsqu'ils leur demandent de payer le prix fort pour la pollution qu'ils refusent de financer aujourd'hui. Les deux tiers s'accordent à dire que payer pour la pollution est important, car il n'y a pas de meilleure planète à protéger pour nos enfants. Toutefois, il existe de meilleures façons de rendre la vie plus abordable que de supprimer la taxe sur le carbone, comme investir davantage dans le logement, les services de garde d'enfants, l'enseignement postsecondaire et la retraite.

 

5. Renforcer le programme de garde d'enfants à 10 $ par jour pour stimuler notre économie et soutenir les familles

En 2021, le Canada a lancé la plus importante innovation en matière de politique sociale depuis des décennies : un système national de services de garde à 10 $ par jour. Quelques années seulement après sa mise en œuvre, ses effets positifs sont manifestes. En plus d’élargir l’accès aux services et de réduire les frais pour de nombreuses familles, ce programme a créé 50 000 nouveaux emplois et a contribué à hauteur de 32 milliards de dollars à l’économie canadienne . Nous devrions tous remercier le programme à 10 $ par jour de nous avoir évité une récession.

Le budget de 2025 devrait soutenir fermement ce programme couronné de succès et investir les sommes nécessaires pour faire de son accélération une priorité absolue, notamment dans les provinces qui traînent des pieds et ralentissent l'accès des familles aux soins abordables et de qualité dont elles ont besoin.

 

6. Rendre les budgets et les gouvernements futurs plus responsables en mesurant ce qui compte vraiment.

Nous avons tous intérêt à optimiser l'utilisation des deniers publics, mais il existe d'importantes lacunes dans la mesure des facteurs essentiels à prendre en compte pour investir dans le bien-être dès la petite enfance. Pour y remédier, il est nécessaire d'adopter quatre nouveaux indicateurs fondés sur des données probantes dans le budget 2025 :

7. Inscrire ces engagements politiques dans la législation

Le Canada a besoin d’une loi pour protéger le bien-être des jeunes générations et des générations futures. Cette loi permettrait d’élaborer des politiques nationales visant à protéger une enfance, un foyer et une planète sains, notamment par :

  • Veiller à ce que les gouvernements prennent en compte le bien-être de tous générations dans les décisions budgétaires (étayées par les indicateurs ci-dessus)
  • Établissement un ministre, un commissaire et un organe consultatif travailler comme des remorqueurs qui maintiennent le cargo de l'activité gouvernementale sur la bonne voie pour une équité intergénérationnelle

Ensemble, ces recommandations contribueront grandement à rétablir une gestion responsable de nos finances nationales.

Les déficits croissants sont devenus une constante des budgets fédéraux, principalement en raison de notre incapacité à nous préparer adéquatement au vieillissement de la population . Ces déficits laissent un héritage de dettes impayées aux jeunes générations et aux générations futures de Canadiens et Canadiennes, et ils compromettent les solides fondements économiques dont nous avons besoin pour faire face à l’instabilité mondiale et aux nouveaux risques économiques. Le budget 2025 peut s’attaquer aux causes structurelles des déficits actuels de manière équitable pour toutes les générations en suivant nos recommandations politiques fondées sur des données probantes.

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