Une meilleure façon de mesurer l'inflation du logement
Depuis 2000, le prix moyen des maisons a grimpé d'environ 319 %, tandis que l'inflation n'a augmenté que d'environ 48 %. Ce seul fait explique pourquoi le plan canadien en matière de logement doit corriger une lacune qui alimente depuis longtemps l'inaccessibilité au logement : la sous-estimation de l'inflation immobilière.
De nombreux jeunes Canadiens ont été exclus de l'accès à la propriété, en partie parce que Statistique Canada n'a pas donné l'alerte. alors que les prix ont commencé à s'envoler. Indice des prix à la consommation L’IPC (Indice des prix à la consommation) influence notre compréhension de l’inflation et oriente les décisions de la Banque du Canada en matière de taux d’intérêt. Lorsque l’IPC est faible, la banque maintient les taux bas, ce qui facilite l’accès au crédit et permet d’acheter des maisons plus chères.
L'IPC n'a pas reflété avec précision la hausse des prix des maisons, car Statistique Canada ne surveille que les dépenses des propriétaires actuels en entretien et en intérêts hypothécaires. Cela minimise le principal fardeau des premiers acheteurs : le prix d'achat et le montant du prêt nécessaire pour le financer. Il en résulte des années de crédit à taux avantageux qui ont contribué à une inflation des prix de l'immobilier plus rapide que celle des salaires, et ce sont les jeunes Canadiens qui en paient le prix.
Ottawa devrait saisir l'occasion de corriger ce dysfonctionnement dans le cadre de son plan de logement et veiller à ce que la Banque du Canada dispose des outils adéquats. Heureusement, Statistique Canada a déjà la solution : nouvellement testé « Approche d’acquisition » qui suit l’inflation du logement telle que la vivent les jeunes acheteurs : en mesurant le coût réel d’acquisition d’une maison, y compris le terrain sur lequel elle est construite.
Pour les jeunes Canadiens, les retombées seraient considérables. Rétablir le lien entre les données et les politiques publiques empêcherait l'IPC d'alimenter l'inflation qu'il est censé maîtriser. Ce serait une victoire capitale, qui réglerait un problème ayant causé tant de tort au cours des 25 dernières années et empêcherait qu'il ne se reproduise.