Un sentiment croissant que le système est truqué
Plus de la moitié des jeunes Canadiens pensent que le système leur est défavorable.
Les sondages révèlent que 54 % des 18-29 ans estiment que les générations précédentes ont manipulé le système à leur avantage, rendant ainsi plus difficile l'ascension sociale des jeunes. La plupart pensent également que les politiciens se préoccupent davantage des intérêts des générations plus âgées que des leurs.
Ce n'est pas difficile de voir pourquoi.
On demande aux jeunes Canadiens d’absorber la hausse des coûts du logement, l’augmentation de la dette publique et les conséquences à long terme des décisions environnementales, alors même que les dépenses publiques privilégient de plus en plus les retraités.
Les choix budgétaires renforcent cette tendance. Les dépenses en soins médicaux et en aides au revenu pour les aînés sont beaucoup plus importantes et augmentent beaucoup plus rapidement que les investissements dans les priorités qui comptent pour les jeunes. Lorsque les gouvernements augmentent le soutien aux aînés canadiens sans parvenir à générer suffisamment de revenus pour le financer, d'autres investissements sont relégués au second plan et les déficits s'aggravent.
Ces décisions n'ont pas seulement un impact sur les finances. Elles influencent aussi la confiance.
Lorsque le travail acharné ne garantit plus la stabilité, et lorsque les gouvernements semblent protéger un groupe plus qu'un autre, il n'est pas surprenant que les jeunes commencent à avoir le sentiment que le système est truqué contre eux.
Il n'est pas nécessaire qu'il en soit ainsi. Rétablir la confiance, c'est rétablir l'équilibre afin que nos politiques publiques favorisent le bien-être de toutes les générations.

Source : Léger, L'avenir est-il prometteur ?, Juin 2024