Recommandations pour le budget de l'Alberta de 2024
En résumé, nous souhaitons que le prochain budget de l'Alberta :
- Placer l’équité intergénérationnelle au cœur des décisions politiques et budgétaires en créant un groupe de travail sur l’équité intergénérationnelle.
- Organisez la politique du logement autour du principe selon lequel le rétablissement de l'accessibilité au logement pour tous nécessite une stagnation des prix, afin que les revenus puissent rattraper leur retard — car un logement devrait être accessible à ceux que permet un travail acharné.
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Renforcer la responsabilité en matière d'investissement dans le bien-être dès la petite enfance en adoptant 2 indicateurs fondés sur des données probantes.:
- Le ratio entre les dépenses consacrées aux principaux investissements sociaux et les dépenses consacrées aux soins médicaux
- La répartition des dépenses par âge
- Garantir un investissement opportun et adéquat dans les services de garde d'enfants à 10 $ par jour afin de fixer à 10 $ le tarif maximal (sans frais pour les familles à faible revenu), tout en assurant des salaires professionnels équitables aux éducateurs de la petite enfance.
- Maintenir la tarification de la pollution et devenir un chef de file en matière d'actions climatiques fondées sur la nature.
Le budget 2024 offre l'opportunité d'améliorer la santé et le bien-être de toutes les générations, dès le plus jeune âge. Les recommandations de Generation Squeeze concernant les actions prioritaires pour atteindre cet objectif sont résumées ci-dessous. Certaines exigent un leadership fort, d'autres proposent des mesures simples pour renforcer la responsabilisation. Toutes sont urgentes face aux crises sanitaires, économiques et climatiques, et alors que nous nous efforçons de financer des retraites décentes pour une population de seniors croissante, avec les contributions d'une population active en déclin.
Generation Squeeze analysera les dépenses budgétaires et leurs répercussions selon l'âge et diffusera ses conclusions auprès de son réseau de plus de 45 000 personnes. Nous sommes ouverts à toute discussion concernant nos recommandations et souhaitons collaborer avec les élus de tous les partis afin de faire de l'Alberta un État qui profite à toutes les générations.
1. Placer l'équité intergénérationnelle au cœur des décisions politiques et budgétaires en créant un groupe de travail sur l'équité intergénérationnelle.
Injustice générationnelle Il s'agit du mal qui sous-tend certains des plus grands problèmes de l'Alberta : le logement inabordable, le coût élevé de la vie familiale, la dégradation du climat, les disparités générationnelles dans les dépenses et la dette publiques, et la hausse des coûts des soins médicaux qui n'améliorent pas la santé des Albertains. Un groupe de travail sur l'équité intergénérationnelle veillera à ce que les politiques et les budgets soient conformes aux principes d'équité et de solidarité intergénérationnelles.
Des juridictions du monde entier ont reconnu la nécessité de prendre en compte l'équité intergénérationnelle dans les décisions gouvernementales (Wales, Écosse, Royaume-Uni, Australie, Hongrie, UAEIl est temps que les gouvernements fédéral et provinciaux du Canada rattrapent leur retard.
Un engagement clair envers l'équité intergénérationnelle contribuera à ancrer la vision à long terme nécessaire pour s'attaquer à des problèmes comme les changements climatiques, le logement inabordable et l'endettement croissant – autant de fléaux qui touchent de façon disproportionnée les jeunes générations et les générations futures. Il est beaucoup plus probable que le bien-être des jeunes Albertains soit pris en compte avec autant d'urgence que celui des autres groupes d'âge si des mécanismes officiels sont mis en place pour aider l'Alberta à établir un budget équitable pour toutes les générations.
2. Organiser la politique du logement autour du principe selon lequel le rétablissement de l'accessibilité au logement pour tous nécessite une stagnation des prix, afin que les revenus puissent rattraper leur retard.
Nous ne pouvons plus tolérer le écart entre les prix des logements et les revenus locaux Face à cette situation, la politique provinciale du logement doit être réajustée afin de stabiliser les prix de l'immobilier et permettre ainsi aux revenus de suivre la hausse, car un logement décent devrait être accessible à ceux qui travaillent dur.
Bien que la hausse des prix soit néfaste pour les jeunes générations, elle a simultanément généré des gains considérables pour de nombreux propriétaires, notamment les Albertains plus âgés qui investissent dans la propriété depuis plus longtemps. Par rapport à 1977, la valeur combinée des résidences principales Au Canada, la valeur des biens immobiliers a bondi de plus de 3 000 milliards de dollars. Les deux tiers de cette richesse supplémentaire appartiennent à des personnes de plus de 55 ans.
L'alignement de la politique du logement sur l'objectif de freiner la hausse des prix peut être favorisé par la mise en place d'un un prix modeste face à cette inégalité croissante en matière de logement par le biais d'une légère surtaxe annuelle sur les maisons les plus chères — une proposition soutenue par 68 % des Albertains, selon sondage récent. Cette surtaxe ne concernerait qu'une minorité de propriétaires albertains ; la plupart ne paieraient pas un sou de plus. Elle contribuera toutefois à freiner la flambée des prix de l'immobilier, qui creuse les inégalités de richesse et compromet l'accessibilité au logement pour les jeunes générations, tout en générant des fonds pour investir dans des logements locatifs et coopératifs très abordables et écoénergétiques.
3. Renforcer la responsabilité en matière d’investissement dans le bien-être dès la petite enfance en adoptant deux indicateurs clés :
Surveiller le ratio entre les dépenses consacrées aux principaux investissements sociaux et les dépenses en soins médicaux.
Science Cela montre que la santé ne se limite pas aux soins médicaux. Elle commence là où nous naissons, grandissons, vivons, travaillons et vieillissons. Face aux longues listes d'attente et à l'accès inégal aux soins primaires qui accentuent la pression pour augmenter les dépenses consacrées au traitement des maladies, il est de plus en plus important de souligner que des investissements dans des domaines tels que le logement, la garde d'enfants, la lutte contre le changement climatique, la réconciliation et la réduction de la pauvreté sont indispensables pour garantir la santé.
L’Alberta a besoin d’outils pour suivre l’évolution des dépenses publiques en matière de bien-être afin que les dirigeants politiques puissent prendre des décisions éclairées et efficaces. Un indicateur clé pour une véritable innovation en santé est le suivi du ratio des dépenses sociales par rapport aux dépenses de soins médicaux. La publication de ce ratio dans le budget de 2024 – et dans tous les budgets subséquents – aidera l’Alberta à prioriser les investissements dans le bien-être et la prévention des maladies avec autant d’urgence que les investissements dans le traitement des maladies une fois déclarées.
Analysez la répartition des dépenses publiques par âge.
Le budget 2024 — et tous les budgets subséquents — devrait comprendre une évaluation précise et pertinente de la répartition des dépenses par âge. À l’heure actuelle, les décideurs sont incapables de déterminer si la province trouve le juste équilibre en matière d’investissement dans le bien-être de tous les âges, car ces données ne sont ni recueillies ni publiées. L’Alberta peut remédier à cette situation en mettant en œuvre notre méthodologie rigoureuse de comptabilisation par âge.
Notre Une étude Les données montrent de façon constante que les gouvernements de l'Alberta et du reste du Canada augmentent leurs dépenses beaucoup plus rapidement pour les retraités que pour les personnes de moins de 45 ans. Ces dépenses accrues en fin de vie se justifient, car c'est à ce moment que les besoins en matière de santé et de soutien augmentent. Toutefois, les budgets doivent aussi tenir compte des contraintes financières, temporelles et environnementales qui nuisent au bien-être des jeunes.
Il est particulièrement important aujourd'hui de comprendre comment les dépenses se répartissent par âge. Avec le vieillissement de la population, les gouvernements ont besoin de davantage de revenus pour couvrir les coûts croissants des services de santé et des prestations de soutien du revenu auxquels les retraités s'attendent. L'Alberta devra trouver les fonds nécessaires sans aggraver davantage la situation financière de leurs enfants et petits-enfants.
4. Continuer d’investir dans le déploiement du programme de garde d’enfants à 10 $ par jour, à un niveau adapté à l’urgence de ces économies pour les familles albertaines.
Le budget 2024 devrait continuer à accélérer la mise en œuvre du système de garde d'enfants à 10 $ par jour et veiller à ce que ce tarif soit le maximum pour tous (et non une moyenne), la garde étant gratuite pour les ménages à faible revenu. Il convient d'appliquer à la garde d'enfants la même logique qu'à l'éducation publique et aux soins médicaux : les personnes les plus aisées contribuent davantage par leurs impôts, et non par des frais d'entrée plus élevés.
La province devrait prioriser l'équité salariale pour les éducateurs de la petite enfance, en veillant à ce que leur travail professionnel soit à la hauteur de leurs compétences. Une rémunération adéquate est essentielle pour attirer et retenir le personnel nécessaire afin de rendre les services de garde à 10 $ par jour accessibles à toutes les familles albertaines, surtout en cette période de fortes pressions sur le pouvoir d'achat.
5. Maintenir la tarification de la pollution industrielle et de consommation en Alberta et devenir un chef de file en matière d’action climatique fondée sur la nature
Le budget 2024 devrait s'engager à maintenir la tarification de la pollution en Alberta et affirmer que les problèmes d'accessibilité financière actuels ne doivent pas être résolus en réduisant les mesures climatiques. Ce serait un mauvais calcul, étant donné que… des coûts immédiats et à long terme énormes du changement climatique. C’est également injuste d’un point de vue intergénérationnel, étant donné que les jeunes générations supportent la part du lion des coûts et des risques d’un climat de plus en plus imprévisible.
Le budget 2024 devrait encourager la séquestration du carbone à l’aide de solutions fondées sur la nature en (i) prévenant d’autres dommages aux prairies, aux forêts, aux zones humides et aux tourbières, compte tenu des énormes avantages écosystémiques et de séquestration qu’elles offrent et qui ne peuvent être remplacés de manière significative une fois perdus, et (ii) réalisant le potentiel de réduction du carbone des pratiques agricoles régénératrices qui augmentent le carbone du sol et diminuent la dépendance à l’égard de l’eau et des intrants à base de combustibles fossiles.