Notre formule de base

Mobiliser le marché

Les marchés sont puissants. Ils influencent nos décisions de consommation en fixant les prix des biens et services que nous désirons, en appliquant des taxes à différents taux et en déterminant l'offre disponible. Les signaux du marché incitent également à acheter (ou à éviter) certains produits en fonction de leur impact sur nos préoccupations, comme notre santé, notre budget ou l'environnement. C'est pourquoi la tarification de la pollution peut inciter les consommateurs et les pollueurs à trouver des alternatives plus propres. C'est aussi pourquoi la hausse des prix de l'essence après la pandémie a donné lieu à de nombreux témoignages de personnes s'adaptant en réduisant leurs déplacements en voiture, en privilégiant les transports en commun ou en recherchant des véhicules plus économes en carburant.

Nos choix en tant que consommateurs peuvent contribuer à mobiliser le marché afin de privilégier un environnement sain pour les générations futures. Nos décisions en tant que citoyens, notamment nos votes, peuvent indiquer aux dirigeants politiques les mesures que nous attendons d'eux pour exploiter le pouvoir des marchés au service de la lutte contre le changement climatique. 

Envoyez les bons signaux

Une mesure essentielle que nous pouvons prendre pour exploiter le pouvoir des marchés au service de la santé climatique consiste à exiger des pollueurs qu'ils paient dès maintenant pour leur pollution, au lieu de reporter ces coûts aux générations plus jeunes et futures.  

En 2021, la Cour suprême du Canada a confirmé la constitutionnalité d'une taxe fédérale sur la pollution, en partie en réponse à une intervention judiciaire de la Coalition intergénérationnelle pour le climat, menée par Generation Squeeze. Cette décision a permis au Canada de maintenir en place une tarification nationale du carbone. backstop Cela permet de redistribuer les revenus aux Canadiens des provinces et territoires assujettis au filet de sécurité, tout en laissant aux provinces et territoires la latitude d'élaborer les approches tarifaires qui leur conviennent. C'est un grand pas en avant!

Face à l’inflation et à la hausse du coût de la vie, notre engagement envers la tarification de la pollution est mis à rude épreuve. On se demande si la réduction de taxes comme celles sur le carbone et l’essence peut contribuer à faire baisser les prix pour les Canadiens, ce qui rend plus important que jamais de réaffirmer que Nous ne pouvons pas résoudre le problème de la pression sur nos portefeuilles en ignorant ou en réduisant notre action face à la pression climatique. Les preuves confirment que les dommages à court et à long terme causés par le changement climatique auront l'impact croissant sur l’abordabilité et notre économieIl serait donc illusoire de croire que la réduction ou l'élimination de la tarification de la pollution puisse assurer un avenir financièrement et écologiquement durable aux Canadiens. Il nous faut plutôt prendre des mesures pour relever le prix de la pollution à des niveaux qui inciteront fortement les ménages, les entreprises, les industries et les gouvernements canadiens à contribuer à limiter les changements climatiques à 1.5 degré. 

En augmentant les prix de la pollution, nous devrions Baisse des impôts sur le revenu pour les revenus moyens et faibles. Ce changement de politique fiscale permettra de taxer davantage ce que nous souhaitons éviter (la pollution) et moins ce que nous souhaitons (le travail et l'emploi). L'impôt sur le revenu pourrait être abaissé par des réductions des taux d'imposition, des crédits d'impôt (déductions ou crédits), des dividendes ou d'autres mécanismes similaires. Le crédit d'impôt prévu par le plan de soutien du gouvernement fédéral à la taxe carbone illustre comment il est possible de conjuguer les signaux du marché pour réduire la pollution et soutenir le travail rémunéré productif.

Nous avons également besoin d'une action globale pour Supprimer les subventions aux combustibles fossiles. Puisque ces subventions réduisent le prix d'un élément indésirable (la pollution), elles sont absurdes si notre objectif est d'encourager une transition énergétique propre, conformément aux engagements de neutralité carbone d'ici 2050. Pour que les marchés fonctionnent, il est essentiel que les industries et les consommateurs comprennent – ​​et prennent en compte – le coût total des énergies fossiles, notamment leurs impacts environnementaux et sanitaires.

Lever des fonds pour gagner de l'argent

Nous avons besoin d'actions concrètes. sensibiliser les investisseurs à l'économie verte, comprenant:

  • Élaboration d'une stratégie à long terme pour le Canada afin d'atteindre la carboneutralité et une économie climato-intelligente, secteur par secteur, assortie d'un plan d'investissement.
    Offrir aux Canadiens des incitations pour qu'ils lient leur épargne à des objectifs climatiques
  • Création d’un Conseil canadien permanent d’action en matière de finance durable chargé de conseiller et d’aider le gouvernement fédéral à mettre en œuvre la recommandation du Groupe d’experts sur la finance durable 

Nous avons également besoin d'actions pour Intégrer le développement durable au système financier. Les étapes comprennent :

  • Création du Centre canadien d’information et d’analyse sur le climat en tant que source faisant autorité en matière d’information climatique et d’analyse décisionnelle
  • Définir et mettre en œuvre une approche canadienne pour appliquer la recommandation du Groupe de travail sur l’information financière relative au climat
  • Clarifier la portée de l'obligation fiduciaire dans le contexte du changement climatique
  • Promouvoir un écosystème de soutien financier éclairé
  • Intégrer les risques liés au climat dans la surveillance, la réglementation et la supervision du système financier canadien – en s’inspirant de la Banque de l’infrastructure du Canada

Enfin, des Tous les Canadiens devraient avoir la possibilité d'investir dans la lutte contre les changements climatiques.  Les mesures pourraient inclure l'augmentation du nombre d'obligations vertes, l'expansion du marché canadien des titres à revenu fixe verts et la promotion de l'investissement durable comme pratique courante au sein du secteur de la gestion d'actifs au Canada.

Soutenir les Canadiens pour qu'ils deviennent des leaders climatiques

Les entreprises, les travailleurs et les collectivités canadiennes peuvent tous prendre des mesures pour devenir des chefs de file en matière d’action climatique et pour soutenir des transitions justes vers un avenir plus vert pour le Canada.

Aidez les entreprises canadiennes à devenir plus propres et plus écologiques 

Pour aider les entreprises canadiennes, notamment les agriculteurs, à réussir leur transition vers une économie verte, il faut soutenir l’adoption de nouvelles technologies, investir dans la recherche et le développement et développer des stratégies pour partager notre expertise avec le monde. Voici les actions nécessaires :

  • Réduire les coûts ou autres obstacles au déploiement interne des technologies propres
  • Soutenir l'innovation, le développement et la commercialisation en phase de démarrage
  • Exportation de solutions canadiennes pour une économie propre (biens et services)

Aider les travailleurs canadiens à se joindre à une stratégie d'éducation et de compétences pour une économie propre

Réorienter la main-d'œuvre canadienne vers l'économie verte exige d'évaluer les besoins et d'élaborer des stratégies de perfectionnement des compétences, y compris pour les travailleurs des industries utilisant les combustibles fossiles. Il est également essentiel de former de nouveaux travailleurs prêts à contribuer à l'essor de l'économie de l'énergie propre. Les gouvernements pourront ensuite tirer parti de cette nouvelle main-d'œuvre qualifiée pour répondre aux besoins des marchés publics et encourager l'investissement privé. Une stratégie de soutien aux travailleurs canadiens devrait s'articuler avec les plans de recrutement de main-d'œuvre qualifiée par l'immigration, mais il est indispensable de s'engager explicitement à embaucher en priorité des talents canadiens pour les emplois bien rémunérés de l'économie verte.

Aider les collectivités canadiennes à opérer une transition vers un avenir plus vert

Les villes et les villages du Canada devront amorcer une transition vers une plus grande durabilité. Des mesures sont nécessaires pour faciliter cette transition en matière d’aménagement urbain (pour lutter contre l’étalement urbain et accroître la densité et l’accessibilité piétonne), de systèmes de construction (pour se conformer aux objectifs de carboneutralité) et de développement communautaire et économique (pour accroître la diversité, la qualité de vie et les secteurs et emplois de l’économie verte).

Améliorez nos vies grâce à une transformation carbone

Un Canada plus propre et plus vert exige des mesures pour réduire les émissions et la consommation de carbone actuelles. Comme nous l'expliquons plus loin dans la section sur la budgétisation du carbone, la ressource la plus précieuse dans la lutte contre les changements climatiques est la capacité très limitée restante de notre atmosphère à absorber le carbone. Nous devons impérativement respecter cette limite, sous peine d'aggraver les phénomènes météorologiques extrêmes que nous observons déjà. Cinq domaines d'action immédiats sont à considérer.

électricité propre et renouvelable

Nous devons amener le Canada à dépendre entièrement de sources d'électricité propres et renouvelables (ce qui exclut l'énergie nucléaire, puisqu'elle n'est pas renouvelable). Il nous faudra également produire davantage d'électricité, car des secteurs comme les transports s'électrifient. Cette transition nécessitera des interconnexions intelligentes entre l'Est et l'Ouest du pays, permettant aux provinces productrices d'électricité à faible émission de carbone de la vendre à leurs voisines. Elle exigera aussi le développement d'une gamme complète de sources d'électricité propre partout au Canada, notamment l'énergie éolienne et solaire. Le potentiel d'expansion de la production éolienne et solaire au Canada est bien documenté, particulièrement dans des provinces comme l'Alberta. 

Énergie propre

Outre un approvisionnement en électricité propre, nous devons agir pour promouvoir plus généralement les énergies propres. Cela comprend :

  • Une transition équitable hors de la production de pétrole et de gaz non renouvelable — idéalement sans laisser personne de côté, et en phase avec les réductions drastiques de la demande intérieure et mondiale
  • Électrification propre des systèmes énergétiques industriels
  • Capture des émissions industrielles non énergétiques, telles que les fuites de méthane provenant du pétrole et du gaz

Transport propre

Les transports représentent le quart des émissions de carbone du Canada. Il est impératif d’agir pour promouvoir des transports propres, tant pour les consommateurs que pour l’ensemble de nos réseaux de transport. Cela comprend :

  • Développer l'utilisation des véhicules électriques et à hydrogène, ainsi que les infrastructures nécessaires, comme les stations de recharge.
  • Développer les infrastructures de transport en commun — avec plus de 80 % des Canadiens vivant en milieu urbain, un transport en commun rapide et fiable représente un investissement judicieux, tant sur le plan économique que sur le plan environnemental.
  • Développer les options de transport actif, notamment les infrastructures pour la marche et le vélo

Maisons et bâtiments à zéro émission

Il est impératif d'agir pour promouvoir les logements et les bâtiments à zéro émission. Cela inclut notamment l'électrification des systèmes de chauffage et l'amélioration de l'efficacité énergétique, tout en reconnaissant le rôle limité du gaz naturel renouvelable. Les mesures visant à réduire les émissions des bâtiments doivent être associées aux efforts déployés pour rétablir l'accessibilité au logement, étant donné que… Le secteur résidentiel contribue à hauteur du quart aux émissions de gaz à effet de serre du Canada. En augmentant l'offre de logements et en construisant davantage de logements locatifs et coopératifs abordables, nous avons une occasion unique de veiller à ce que ces nouveaux logements soient également écologiques.

Utilisation intelligente des terres

Il est impératif d'agir pour promouvoir une utilisation intelligente des sols, notamment en milieu urbain. Cela implique de lutter contre l'étalement urbain, en lien avec notre engagement précédent à aider les villes et les communes à élaborer des plans de transition. Il s'agit également de capter le biogaz issu des décharges et de protéger les terres agricoles et les espaces verts situés à l'intérieur et autour des limites urbaines.

S'engager à réduire les émissions de carbone

Il est urgent d'agir pour Accélérer la réduction et le stockage du carbone. Il est indispensable de capter le carbone atmosphérique pour atténuer certains des risques les plus graves liés au changement climatique ; les réductions d’émissions actuelles ne suffisent plus. On peut y parvenir grâce à des solutions fondées sur la nature, à la réforme des pratiques agricoles et en étudiant plus en profondeur si les technologies de séquestration peuvent apporter une contribution significative et rentable. 

Solutions basées sur la nature

Protéger, gérer et restaurer les paysages naturels et modifiés par l’homme est essentiel pour réduire les pires risques liés aux changements climatiques et pour se prémunir contre leurs impacts déjà ressentis dans les collectivités partout au Canada. Travailler avec la nature pour réduire notre contribution aux changements climatiques peut mener à des solutions gagnant-gagnant, bénéfiques pour les gens et la planète. Les actions fondées sur la nature comprennent :

  • Protection des forêts naturelles, des prairies et des zones humides
  • Protection, gestion et restauration des zones humides, des tourbières et des écosystèmes côtiers
  • Transformer l'agriculture pour produire et distribuer davantage de nourriture grâce à des pratiques qui régénèrent les sols, augmentent le carbone stocké dans le sol et réduisent les émissions.
  • Restaurer les écosystèmes côtiers pour augmenter la teneur en carbone des océans
  • Restauration des sols dégradés
  • Planter des arbres

Les preuves le confirment que de vastes quantités de carbone sont stockées dans les sols et que le système de production alimentaire industrielle dominant au Canada a un Empreinte carbone importante par rapport à d'autres pays similaires. La production alimentaire selon des pratiques agricoles régénératrices offre aux agriculteurs canadiens l'occasion de jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre les dommages écologiques et climatiques. les pratiques comprennent accroître la séquestration du carbone dans les sols en minimisant les perturbations du sol, en maintenant la couverture du sol à l'aide de cultures de couverture ou de résidus de récolte, en favorisant la diversité végétale, en diminuant l'utilisation d'engrais synthétiques en améliorant les cycles naturels des nutriments et en améliorant la gestion de l'eau.

Modifier les pratiques agricoles au Canada sans réduire la production alimentaire permet de retenir davantage de carbone dans le sol et d’empêcher son rejet dans l’atmosphère, tout en recapturant le carbone atmosphérique existant grâce à la restauration des structures du sol. Parallèlement, ces mesures procurent d’importants avantages supplémentaires, comme une biodiversité accrue, une meilleure gestion des ressources en eau et une protection renforcée contre l’érosion et les inondations.

systèmes alimentaires respectueux du climat

Il est nécessaire d’agir pour que notre alimentation n’accélère pas les changements climatiques, tout en réduisant les pertes et le gaspillage alimentaires. À l’échelle mondiale, les systèmes alimentaires (y compris l’agriculture) sont responsables du tiers des émissions totales de carbone. Consommer des aliments produits de façon durable, davantage d’aliments d’origine végétale, des aliments de saison et des aliments cultivés et transformés localement offre à chaque Canadien l’occasion de contribuer individuellement à la lutte contre les changements climatiques. Cela nous demandera de :

  • Réduire la consommation de viande et privilégier une alimentation plus végétale afin de limiter le défrichement des terres pour le pâturage, de réduire l'utilisation intensive d'eau et d'engrais nécessaire à la culture de nombreux aliments pour le bétail, et de diminuer les émissions de méthane produites par de nombreux animaux au pâturage.
  • Inciter les agriculteurs canadiens à transformer leur production en systèmes à faibles émissions de carbone et écologiquement durables en augmentant la demande d'aliments respectueux du climat et produits de manière durable.
  • Gérer nos chaînes d’approvisionnement afin de garantir qu’une plus grande part des aliments consommés au Canada provienne de systèmes agricoles à faibles émissions de carbone et régénératifs, et soit de saison et cultivée localement.
  • Réduisons le gaspillage alimentaire. Plus de la moitié des aliments produits au Canada sont perdus chaque année, alors qu'une grande partie est comestible et pourrait être réutilisée pour réduire les émissions et lutter contre l'insécurité alimentaire.

Solutions technologiques

Bien que l'efficacité et la pertinence des solutions technologiques pour réduire les émissions de carbone restent à évaluer, ces approches pourraient contribuer à atténuer certains des risques les plus graves liés au changement climatique et à accompagner la transition énergétique des industries, notamment celle des énergies fossiles. Parmi ces solutions technologiques figurent diverses méthodes de captage du carbone déjà rejeté dans l'atmosphère, comme le captage direct dans l'air ou le stockage souterrain du carbone (procédé souvent appelé captage et stockage du carbone).

Une plus grande visibilité sur la tarification du carbone est indispensable à la viabilité d'une approche de captage et de stockage du carbone. Cette visibilité accrue est essentielle pour permettre aux entreprises et aux investisseurs de planifier des investissements plus importants et à plus long terme dans ce domaine. La perspective d'un changement de cap des gouvernements concernant leurs engagements en matière de tarification du carbone rend les investissements plus risqués et la levée de capitaux plus difficile, freinant ainsi l'action du secteur privé face au changement climatique.

Affrontez la tempête

Le changement climatique a déjà de graves répercussions sur nos vies, sous forme d'inondations, d'incendies, de températures extrêmes et d'autres aléas qui affectent directement nos communautés, avec des conséquences indirectes sur les milieux naturels et leurs répercussions sur la production alimentaire, les loisirs, la santé humaine, etc. L'éco-anxiété est également une source d'inquiétude. preuve documenter les impacts du changement climatique sur la santé mentale et le bien-être, en particulier parmi jeunesse.

Parallèlement à la mise en œuvre des actions décrites dans les piliers ci-dessus, il nous faut également nous préparer à affronter la crise actuelle. Quatre axes d'action sont présentés ci-dessous.

Réduire les risques

Nous avons besoin d'actions concrètes. réduire les dangers et les risques de catastrophe Ces situations sont aggravées par des événements climatiques soudains (tels que les inondations, les feux de forêt, etc.). Les mesures prises doivent s'inscrire dans le cadre des quatre composantes de la gestion des urgences : prévention, préparation, intervention et rétablissement.

Protéger la santé et le bien-être, en particulier des régions et des populations vulnérables.

Les changements climatiques influent sur notre santé en modifiant les profils de maladies et l'exposition à certains agents pathogènes, en dégradant la qualité de l'air et en augmentant les risques de contamination de l'eau et des aliments. Parallèlement, de nombreux déterminants sociaux de la santé, tels que le revenu et le statut social, les réseaux de soutien social, l'éducation et l'alphabétisation, influent sur la vulnérabilité des individus et des groupes face aux impacts des changements climatiques. Il est donc essentiel de renforcer la résilience des personnes et des communautés face à la multitude d'impacts sanitaires liés aux changements climatiques.

Il est impératif d’agir pour soutenir les régions et les populations vulnérables. Cela commence par une attention particulière portée aux régions nordiques, côtières et éloignées du Canada, compte tenu de leur vulnérabilité particulière aux impacts des changements climatiques (comme le dégel du pergélisol, l’érosion côtière et l’élévation du niveau de la mer) et des services et du soutien souvent plus limités qui y sont offerts. Il faut également comprendre les besoins des groupes marginalisés, particulièrement exposés aux répercussions socio-économiques des changements climatiques et dont la capacité d’adaptation peut être plus réduite, et y répondre.

Construire une infrastructure résiliente

L’infrastructure est omniprésente : routes, bâtiments, ponts, lignes électriques, systèmes de communication, réseaux d’approvisionnement en eau et systèmes de gestion des déchets sont autant d’exemples d’infrastructures dont les Canadiens dépendent au quotidien. Cependant, Une grande partie de ces infrastructures ne résiste pas aux risques croissants de dommages et d'interruptions de service dus aux changements climatiques, ce qui pourrait engendrer des coûts de réparation et d'adaptation se chiffrant en milliards. Le respect de nos engagements en matière de réduction des émissions implique la construction d'importantes infrastructures nouvelles, ainsi que la modernisation des structures et systèmes existants. Bien conçues, les nouvelles infrastructures peuvent être plus résilientes face aux futurs impacts climatiques. 

Construire des entreprises et des chaînes d'approvisionnement résilientes

Les entreprises doivent renforcer leur résilience face aux changements climatiques afin de garantir la continuité de leurs activités malgré l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les tempêtes et les fortes chaleurs. Par ailleurs, il est essentiel de prendre des mesures pour rendre les chaînes d'approvisionnement interconnectées plus résilientes face aux perturbations climatiques. Dans la mesure du possible, nous devons veiller à ce que les biens et services que nous importons et exportons ne soient pas affectés par les impacts climatiques au-delà de nos frontières. Cela implique de réfléchir aux moyens d'aider les pays et régions vulnérables du monde entier à s'adapter et à renforcer leur résilience face aux impacts climatiques.

Assurer la responsabilité

Le Canada a pris des engagements importants pour lutter contre les changements climatiques au pays et au sein de la communauté internationale. Des mesures de responsabilisation rigoureuses sont nécessaires pour garantir le respect de ces engagements et pour que des conséquences soient appliquées en cas de manquement.

Budget carbone

Notre atmosphère ne dispose plus que d'une très faible capacité d'absorption du carbone sans aggraver le dérèglement climatique, aujourd'hui comme demain. Nous devons donc gérer cette précieuse ressource avec autant de précaution que nous dépensons notre argent.

Tout comme les gouvernements présentent des budgets annuels qui définissent les priorités et les plans d’affectation des fonds publics, nous avons besoin qu’ils établissent des budgets carbone réguliers. Ces budgets documentent la capacité d’absorption du carbone restante et l’usage que nous en ferons pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Les budgets carbone sont essentiels pour signaler au marché l’urgence d’agir dans les limites très strictes de notre capacité atmosphérique et, par conséquent, pour valoriser à leur juste valeur les mesures nécessaires à la réduction des émissions de carbone, comme une taxe sur la pollution suffisamment élevée. L’établissement de budgets carbone peut également démontrer aux Canadiens l’importance de soutenir et d’investir dans la transition énergétique propre par leurs propres choix.

Renforcer la surveillance et les conseils indépendants

Le Canada s’est fixé de nombreux objectifs climatiques, sans parvenir à les atteindre. Afin d’assurer une meilleure responsabilisation quant au respect de nos engagements, expérience dans d'autres juridictions confirme l’importance des organismes indépendants pour fournir des conseils et un suivi impartiaux et fondés sur des données probantes des actions climatiques fédérales, provinciales et territoriales.

En particulier, le gouvernement du Canada devrait allouer des ressources à l’élargissement du mandat du gouvernement du Canada. Organe consultatif Net-Zero Le Comité consultatif sur les émissions nettes du Canada (CCECN) jouera un rôle de premier plan dans la définition des cibles de réduction des émissions et assurera la surveillance de leur mise en œuvre. Actuellement, la législation sur la carboneutralité prévoit peu de rapports sur les actions menées avant 2030, une transparence limitée quant à la modélisation et aux projections des émissions, aucune obligation de recourir à un avis indépendant et aucune conséquence claire en cas de non-respect des cibles. La Loi permet plutôt au gouvernement d’évaluer lui-même s’il est en voie d’atteindre ses cibles. Donner au CCECN les moyens d’assurer un suivi et une surveillance indépendants renforcera la responsabilité du Canada quant à l’atteinte de ses objectifs climatiques.

Intégrer les coûts liés au changement climatique dans la planification

Les risques climatiques et leurs coûts potentiels ne sont pas suffisamment pris en compte dans les processus décisionnels des gouvernements, des entreprises et des particuliers. Pour tenir compte des menaces économiques que représente le changement climatique, il est impératif que les gouvernements intègrent les impacts climatiques dans leurs analyses et décisions économiques. Ainsi, toutes les décisions politiques et budgétaires refléteront les coûts bien réels liés au choix de ne pas investir dans la réduction des émissions et les mesures d'adaptation, et la mesure dans laquelle ces coûts seront supportés de manière disproportionnée par les jeunes générations et les générations futures. Par ailleurs, les gouvernements devraient encourager (ou exiger, lorsque cela est possible) les acteurs du secteur privé à faire de même dans leurs pratiques de gestion des risques. cette ressource Pour plus d'informations, consultez le site de l'Institut canadien du climat.

L’intégration des impacts climatiques dans la prise de décision serait facilitée par des données plus nombreuses et de meilleure qualité, ainsi que par la divulgation obligatoire des risques. Les gouvernements devraient accélérer la mise en œuvre de pratiques de divulgation des risques climatiques partout au Canada et produire davantage de données climatiques à l’appui de ces pratiques. Cela comprend des données sur les risques liés aux infrastructures en matière de climat (actuellement incohérentes et incomplètes), afin de permettre à tous les propriétaires et investisseurs d’infrastructures de tenir compte des risques climatiques dans leurs décisions. Les gouvernements et les organismes de réglementation devraient également veiller à ce que les propriétaires, les prêteurs, les investisseurs et les autres acteurs du système financier analysent, divulguent et gèrent les risques climatiques. rapport Le rapport sur les risques et les coûts liés aux infrastructures fournit davantage d'informations.