Les ambitions de Carney en matière de logement ne comprennent pas d'objectif concernant les prix des logements.
Ottawa a récemment dévoilé ce qu'elle qualifie de plan de logement « le plus ambitieux » depuis plus de 75 ans. À bien des égards, il tient ses promesses. Mais malgré son ambition en matière de construction de logements, le plan passe sous silence les tensions plus profondes qui alimentent l'inabordabilité, notamment les dynamiques générationnelles qui en sont au cœur.
Le Premier ministre Carney a récemment publié ce qui est décrit comme le « plus ambitieux » plan de logement Le Canada n'a rien vu de tel depuis plus de 75 ans. À bien des égards, ce plan est une réussite. Mais malgré son ambition en matière de construction de logements, il passe sous silence les tensions plus profondes qui alimentent l'inabordabilité, notamment les dynamiques générationnelles qui en sont au cœur.
Construire des maisons au Canada Le programme BCH marque un tournant politique important, replaçant Ottawa dans le secteur du développement du logement, un rôle qu'elle avait abandonné il y a des décennies. Conformément à la plateforme électorale libérale, des engagements importants ont été pris pour accroître l'offre de logements, avec un objectif de 500 000 nouveaux logements par année, dont des logements très abordables pour les personnes marginalisées par notre système de logement. Pour ce faire, le programme BCH offrira de nouveaux financements, réduira la TPS pour certains acheteurs et simplifiera la réglementation.
Toutes ces mesures sont conformes à la philosophie de Generation Squeeze. cadre de solutions politiques globales en matière de logementCe plan privilégie l'augmentation de l'offre de logements abordables, tant sur le marché libre que dans le secteur privé. Toutefois, il précise également que l'augmentation de l'offre à elle seule ne constitue pas une solution miracle.
Entre 2015 et 2020, le Canada a construit environ 200 000 nouveaux logements par année. Depuis, ce chiffre est passé à 250 000 unités annuelles. Cette hausse de 25 % représente un véritable exploit, mais elle n’a pas permis de rétablir l’accessibilité au logement. Les prix ont continué d’augmenter jusqu’à ce que la Banque du Canada relève ses taux d’intérêt à plusieurs reprises afin de freiner l’inflation des prix des aliments et de l’énergie. Depuis, les prix se sont stabilisés à des niveaux inabordables pour de nombreux membres de la génération Y et de la génération Z, tout en préservant le patrimoine immobilier des propriétaires, notamment ceux qui sont propriétaires depuis des décennies.

L'ambition manquante : quel est l'objectif du Canada en matière de valeur des maisons ?
Un plan de logement véritablement ambitieux doit répondre à la la question la plus importante Pour réparer notre système de logement défaillant : quel est notre objectif concernant les prix des logements ?
Le plan des libéraux ne précise pas si les prix des logements devraient augmenter, stagner ou baisser. Ce n'est pas vraiment une surprise, compte tenu de la nomination de Carney au poste de ministre du Logement. Gregor Robertson Il se contorsionnait pour éviter de répondre à la question d'un journaliste sur une éventuelle baisse des prix de l'immobilier. Premiers ministres Les tentatives ultérieures pour expliquer sa position furent tout aussi alambiquées.
Pourquoi aucun politicien canadien n'ose-t-il parler ouvertement et honnêtement d'un objectif concernant les prix de l'immobilier ? La réponse oblige les Canadiens à se confronter à une vérité dérangeante : les gouvernements ne veulent pas risquer de mécontenter deux groupes clés.
Le premier groupe est celui des propriétaires âgés. Les baby-boomers et la génération X ont largement profité de décennies de hausse des prix de l'immobilier. La valeur nette des propriétés canadiennes a augmenté de 1 500 milliards de dollars, bien au-delà de ce que la croissance démographique à elle seule expliquerait. Les Canadiens de plus de 55 ans ont capté 60 % de cette manne financière et comptent maintenant l'utiliser pour financer leur retraite.
Le deuxième groupe est composé de jeunes propriétaires qui, malgré les prix élevés, ont réussi à accéder plus récemment au marché immobilier canadien en surchauffe. Ils craignent désormais de se retrouver en situation de surendettement hypothécaire si les prix chutent trop brutalement.
Bien sûr, il existe aussi un troisième groupe – celui auquel les politiciens font de belles promesses, mais pour lequel les actions concrètes sont souvent insuffisantes : les personnes qui peinent à trouver un logement abordable, que ce soit à l’achat ou à la location. Les milléniaux et la génération Z (ainsi que les locataires de tous âges et les nouveaux arrivants au Canada) sont confrontés à une réalité du logement radicalement différente de celle des générations précédentes. Ce n’est pas un hasard : c’est le résultat du système que nos politiques ont façonné.
Lorsque les retraités d'aujourd'hui étaient jeunes, il leur suffisait de cinq ans d'épargne pour pouvoir verser un acompte de 20 % sur l'achat d'une maison moyenne. Aujourd'hui, ce chiffre a explosé. plus de 17 ans au niveau nationalet depuis plus de 20 ans en Ontario et en Colombie-Britannique. Les milléniaux et la génération Z sont déjà conquis. sacrifices énormes Pour faire face au fait que leurs efforts ne portent plus leurs fruits comme pour les générations précédentes, ils paient des loyers plus élevés, contractent des prêts hypothécaires écrasants et repoussent des étapes importantes de la vie comme la fondation d'une famille, tout en préservant le patrimoine immobilier acquis par leurs aînés. Pour cet acte profond de solidarité intergénérationnelle, ils méritent… plans de.
Premier ministre Carney a reconnu le préjudice Ces jeunes souffrent, comme le souligne son programme électoral, mais il n'a apporté aucune réponse concrète à ce problème dans son nouveau plan de logement. Oui, un Remboursement de la TPS L'achat d'une maison neuve peut permettre à certains primo-accédants d'économiser jusqu'à 50 000 $. Cependant, avec environ 550 000 reventes de maisons existantes chaque année, contre 150 000 maisons neuves, la plupart des acheteurs ne bénéficieront pas des modifications proposées à la TPS.

Il est mathématiquement impossible d'améliorer l'accessibilité au logement alors que les prix de l'immobilier augmentent.
L'espoir que la valeur des logements continue d'augmenter tandis que l'accessibilité au logement s'améliore peut être réconfortant, mais c'est mathématiquement impossible. Sans volonté politique d'affirmer que la valeur des logements devrait au moins Si le marché du logement stagne (voire chute), l'accès à un logement abordable restera hors de portée pour beaucoup. Aucune construction neuve ni aucun ajustement du financement ne peut changer le calcul : lorsque les prix augmentent plus vite que les revenus et créent de la richesse, il est inévitable que les loyers et les prêts hypothécaires pour les nouveaux propriétaires s'envolent. En clair, c'est un dilemme auquel nous devons faire face. Tant que nous n'aurons pas pris en compte les dynamiques générationnelles qui en sont à la base, aucun plan de logement ne pourra être complet.
Il est possible que des personnes raisonnables aient des opinions divergentes quant à l'ampleur de la baisse des prix de l'immobilier, ou quant à la pertinence d'un statu quo prolongé, car celui-ci protège le patrimoine accumulé par les propriétaires plus âgés tout en évitant le risque que les jeunes acheteurs se retrouvent avec une dette supérieure à la valeur de leur propriété. Toutefois, ces considérations doivent figurer dans un plan national sur le logement, afin que les Canadiens puissent évaluer les différentes options et que les politiciens puissent trouver une solution qui concilie équité intergénérationnelle et stabilité financière.

Un groupe de travail peut nous aider à faire face aux dures réalités du logement.
Pour construire un système de logement qui offre des habitations abordables à toutes les générations, nous devons aborder ouvertement la question de notre objectif en matière de prix des logements.
C’est pourquoi le Canada a besoin de toute urgence d’un groupe de travail national sur les prix des logements – pour que cette question devienne une évidence et qu’il soit nécessaire d’y répondre. En réunissant propriétaires et locataires, Canadiens de tous âges, experts en politiques publiques et leaders communautaires, un tel groupe de travail pourrait négocier un nouvel accord intergénérationnel.
La création d'un groupe de travail montrerait que nous sommes prêts à affronter les réalités difficiles et à rechercher un terrain d'entente entre toutes les générations – deux éléments essentiels à tout plan de logement sérieux. Cela démontrerait aux Canadiens que les dirigeants politiques sont enfin prêts à bâtir un système de logement viable non seulement pour le prochain cycle budgétaire, mais aussi pour la prochaine génération.