Devons-nous vraiment nous attendre à ce que les jeunes Canadiens attendent jusqu'en 2060 pour avoir accès à un logement abordable ?
Les sombres prévisions du Défenseur fédéral du logement du Canada indiquent que de nombreux Canadiens à revenu moyen devront peut-être attendre jusqu'en 2060 avant de pouvoir se loger convenablement à un prix abordable.
Enfoui dans un récent publication by Défenseur fédéral du logement au Canada Il s'agit de l'une des prévisions les plus sombres en matière de logement de mémoire récente : de nombreux Canadiens à revenu moyen devront peut-être attendre 2060 avant de pouvoir se loger convenablement à un prix abordable compte tenu de leurs revenus.
Bien que j'espère que nous pourrons rétablir l'accessibilité au logement plus rapidement, cette franchise quant à ce qui est réaliste est frappante. On dit aux milléniaux, à la génération Z et même à bon nombre d'élèves du primaire d'aujourd'hui que le système de logement canadien leur restera défavorable pendant des décennies.
Cela contraste fortement avec les slogans des politiciens qui laissent entendre que l'accessibilité au logement pourrait revenir en moins de dix ans si les gouvernements construisaient simplement plus de logements, réprimaient la spéculation et ralentissaient l'immigration.
Le rapport de Carolyn Whitzman Cela met fin aux illusions politiques. La crise du logement au Canada est trop profondément enracinée pour disparaître de sitôt. Après des décennies de politiques qui ont protégé la hausse des prix de l'immobilier tout en sous-construisant des logements sociaux, les décideurs doivent maintenant reconnaître que les jeunes Canadiens en subiront les conséquences pendant une grande partie de leur vie.
Un rapport de Statistique Canada publié ce mois-ci a révélé que les milléniaux Les jeunes de 25 à 39 ans ont désormais deux fois plus de chances de vivre chez leurs parents. comme les baby-boomers au même âge. Adultes Les 25-34 ans étaient également le seul groupe d'âge dont les revenus étaient en baisse en 2024..
En revanche, Les revenus des personnes âgées ont continué d'augmenter. grâce aux gains du marché et aux aides gouvernementales, tandis que la hausse des prix de l'immobilier au cours du dernier demi-siècle a généré des billions de richesse capturées en grande partie par des Canadiens plus âgés, dont moi.
Il s'agit là du principal compromis intergénérationnel de la politique canadienne. Les politiciens craignent les répercussions négatives qu'entraînerait toute politique provoquant une chute brutale de la valeur des maisons, car de nombreux propriétaires âgés comptent désormais sur ces gains, et parce qu'une importante correction du marché immobilier freinerait la croissance économique.
Alors, au lieu de risquer ce retour de bâton, les politiciens s'attendent à ce que les jeunes Canadiens fassent des sacrifices.
Ils s'éloignent de leur lieu de travail ou de leur école.
Ils paient des loyers plus élevés.
Ils contractent des prêts hypothécaires plus importants.
Ils renoncent à devenir propriétaires.
Ils peinent à obtenir des emprunts pour créer une entreprise sans capital immobilier.
Ils retardent le rapprochement.
Ils reportent le moment d'avoir des enfants.
Cette précarité financière est le prix injuste que l'élite politique canadienne impose aux jeunes Canadiens pour préserver le patrimoine des propriétaires. On comprend aisément leur mécontentement.
Une nouvelle étude de Haifang Huang et John Helliwell Une étude révèle que le niveau de bonheur déclaré par les Canadiens âgés de 20 à 34 ans a fortement diminué au cours des deux dernières décennies, tandis qu'il est resté stable chez les aînés. Parmi les facteurs analysés, le logement s'avère le plus déterminant : l'inabordabilité prédit fortement une détérioration du bien-être chez les jeunes adultes, mais a peu d'effet comparable sur les aînés.
Puisque les jeunes Canadiens ont toutes les raisons d'être en colère, et pas seulement malheureux, ceux qui bénéficient de leur sacrifice devraient s'engager davantage à réparer les dégâts qu'ils héritent.
Nous indemnisons les travailleurs blessés au travail car la société doit partager les charges supportées par certains pour le bien de l'économie. De même, les milléniaux et la génération Z supportent les coûts d'un système de logement conçu pour préserver le patrimoine de ceux qui ont accédé au marché plus tôt.
La prochaine stratégie nationale du logement doit donc proposer une un plan sérieux pour les indemniserCela pourrait prendre de nombreuses formes : une aide au loyer de plusieurs milliers de dollars pour des millions de jeunes ; des réductions importantes des frais de scolarité et de la dette étudiante ; une expansion plus rapide des services de garde d’enfants à 10 $ par jour ; l’élimination de la pauvreté pour les familles avec enfants grâce au renforcement de l’Allocation canadienne pour enfants ; ou un allègement fiscal ciblé sur les jeunes travailleurs.
La bonne nouvelle, c'est que le Canada peut se permettre de faire une grande partie de ces choses sans augmenter les taux d'imposition ni creuser le déficit.
Ottawa est en voie de dépenser plus de 17 milliards de dollars par an Concernant les subventions de la Sécurité de la vieillesse pour les couples retraités dont les revenus dépassent six chiffres, les couples dont les revenus excèdent 180 000 $ reçoivent encore près de 18 000 $ de subventions financées par les contribuables chaque année.
Cela ne peut se défendre en pleine crise du coût de la vie qui frappe de plein fouet les jeunes Canadiens.
Cibler ne serait-ce que la moitié de ces subventions sur les aînés qui en ont besoin permettrait à la fois d'éliminer la pauvreté chez les aînés et d'économiser des milliards de dollars par année – une somme qui pourrait aider à compenser les jeunes Canadiens pour le fardeau du logement qu'on leur demande de supporter.
Les aînés canadiens ne veulent pas que leurs enfants et petits-enfants soient piégés dans une précarité de logement permanente. Nombre d'entre eux ne souhaitent pas que des jeunes de 30 ans vivent dans des chambres d'enfance faute de moyens pour payer un loyer.
Il est donc temps que le Premier ministre et les premiers ministres provinciaux cessent de prétendre que le logement abordable est imminent et qu'ils fassent face à la dure réalité exposée dans le rapport du Défenseur fédéral du logement.
Si l’accessibilité financière ne reviendra pas avant des décennies, les jeunes Canadiens méritent bien plus que des slogans sur la construction de logements.
Ils méritent une compensation immédiate pour les sacrifices économiques qu'ils consentent afin de protéger à la fois l'économie et les propriétaires âgés des répercussions qu'entraînerait un effondrement de la valeur des maisons.