Globe & Mail : Abaisser le seuil de revenu de la Sécurité de la vieillesse n'est plus un sujet politiquement tabou.

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Paul Kershaw
/27 mars

Initialement publié en Le Globe & Mail le 6 Mars 2026

Les personnes âgées constituent un puissant groupe d'électeurs, un groupe qui, selon de nombreux commentateurs, a contribué à la victoire des libéraux de Carney lors des dernières élections.

C’est pourquoi certains politiciens hésitent à modifier le programme de subventions en espèces le plus coûteux du Canada. Sécurité de la vieillesse, même si ses coûts croissent beaucoup plus vite que d'autres dépenses fédérales.

Mais de nouveaux sondages nationaux devraient modifier la façon dont les dirigeants fédéraux envisagent la garantie de revenus. Les Canadiens sont prêts à la réformer afin d’apporter l’une des améliorations les plus ambitieuses à la sécurité du revenu depuis des décennies, sans augmenter les impôts ni creuser le déficit.

Sous règles actuellesLe seuil de revenu pour la réduction progressive des prestations de la VS est si élevé que les couples retraités dont le revenu familial atteint 185 000 $ peuvent encore recevoir la subvention complète de 18 000 $. Même lorsque le mécanisme de récupération entre en vigueur, la réduction progressive des prestations est si graduelle que les couples dont le revenu combiné dépasse 300 000 $ y ont toujours droit. Seulement 4 % des aînés sont exclus de la VS en raison de revenus trop élevés. Cette générosité explique en partie pourquoi la hausse rapide des coûts de la VS contribue fortement au déficit de 78 milliards de dollars d’Ottawa.

Sondage commandé par Génération Squeeze montre que les Canadiens comprennent la nécessité de ralentir la croissance des dépenses de SV – à la fois pour alléger la pression sur le budget fédéral et pour dégager des fonds pour d'autres priorités nationales. Une enquête 2024 mené par Research Co. Il s'avère que les trois quarts des personnes interrogées étaient favorables à une réduction progressive du seuil de revenu à partir duquel les prestations de SV commencent à être supprimées pour les couples, passant du niveau actuel d'environ 185 000 $ à 100 000 $.

Réduire le seuil de récupération à ce niveau reviendrait à demander aux 20 % des bénéficiaires de SV les plus importants d'accepter des prestations moindres (en moyenne, 3 000 $ de moins par personne et par an, après impôt). Cela permettrait de dégager 7 milliards de dollars par année tout en préservant les prestations pour 80 % des bénéficiaires de la SV, y compris les personnes âgées vivant seules.

Ce soutien indéfectible perdure aujourd'hui. Un nouveau Sondage de la société de recherche Un sondage mené ce mois-ci a révélé que 73 % des Canadiens appuient une telle mesure si les économies réalisées servent à éliminer la pauvreté des aînés et à réduire le coût de la vie pour les jeunes générations.

L'appui transcende les clivages partisans : environ huit électeurs libéraux, conservateurs et néo-démocrates sur dix y sont favorables, et ce, de façon constante dans toutes les régions et tous les groupes de revenus. Fait remarquable, même parmi les retraités ayant participé au sondage, près des trois quarts se sont déclarés favorables au changement. (La marge d'erreur est de plus ou moins 3.1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.)

De nombreux retraités financièrement à l'aise le sont maintenant s'exprimer publiquement pour donner vie aux données du sondage. Ils comprennent que le programme de subventions n'a pas été conçu pour financer leurs vacances ou d'autres dépenses non essentielles et se disent prêts à accepter une réduction. Ils conviennent qu'il est temps de redéfinir les objectifs du programme, comme le prévoit le gouvernement fédéral. Vérificateur général récemment exhorté.

Ce large soutien visant à ralentir les dépenses liées aux véhicules spéciaux et à améliorer l’abordabilité arrive à un moment critique, alors que le Canada est confronté à des pressions économiques internes et à des coûts découlant de Incertitude géopolitique à l'étranger.

Six Canadiens sur dix seraient prêts à aller plus loin et à abaisser progressivement les prestations de sécurité sociale pour les ménages dont le revenu annuel est inférieur ou égal à 10 81,000 $, seuil à partir duquel l’Allocation canadienne pour enfants est réduite. Ce seuil plus bas permettrait d’économiser près de 13 milliards de dollars par année.

Le soutien à la réforme ne s'arrête pas là. Soixante-trois pour cent des personnes interrogées seraient favorables à une réaffectation des allégements fiscaux liés à la retraite qui profitent peu aux aînés à faible revenu. Âge Montant surélevées que pour les Revenu de pension impôt Ces crédits coûtent environ 7 milliards de dollars par année et permettent de réaliser jusqu'à 1 500 $ d'économies d'impôt annuelles par personne. Cependant, ils excluent bon nombre des aînés les plus vulnérables financièrement. Une majorité des personnes interrogées, dont 69 % des aînés, sont favorables à ce que ces fonds soient réaffectés au système de subventions pour compenser la hausse de ses coûts liée au vieillissement de la population.

Ensemble, ces changements pourraient permettre de dégager jusqu'à 20 milliards de dollars par an.

Cela suffit pour fournir un complément 5 000 $ pour chaque personne âgée à faible revenu pour les sortir du seuil de pauvreté officiel, pour un coût d'environ 2.5 milliards de dollars par an.

Les fonds restants – plus de 17 milliards de dollars – ouvrent la voie à d'autres investissements ambitieux pour le développement du pays, afin d'améliorer l'accessibilité au logement pour les jeunes générations. Cet argent pourrait servir à éviter les coupes budgétaires prévues dans les dépenses fédérales de logement en renouvelant… la stratégie nationale du logement; renforcer durablement le soutien fédéral à Bourses d'études canadiennes; accélérer la mise en œuvre de la garde d'enfants à 10 dollars par jour; introduisant un supplément pour l'emploi des jeunes pour aider les jeunes travailleurs à s'établir sur un marché du travail difficile; et pour financer les récentes initiatives d'Ottawa complément temporaire de crédit de TPS pour les Canadiens à faible et moyen revenu.

Les économies potentielles sont suffisamment importantes pour mettre en œuvre certaines – voire la totalité – de ces mesures sans augmenter les taux d’imposition, voire même en réduisant le déficit.

Il arrive que la faisabilité politique rattrape la nécessité politique. C'est le cas aujourd'hui.

Les Canadiens se sont exprimés – clairement et de façon constante. Le premier ministre Mark Carney devrait Utiliser ce soutien pour réparer et moderniser la ligne la plus coûteuse de son budget – et offrir une amélioration sans précédent en matière d'accessibilité financière pour les jeunes et les moins jeunes.

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À propos de Paul Kershaw
Paul Kershaw, professeur titulaire primé à l'Université de la Colombie-Britannique et fondateur de Generation Squeeze, est un conférencier et collaborateur régulier des médias. Il tient notamment une chronique bimensuelle dans le Globe & Mail.

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