Globe & Mail : Le plan économique de Mark Carney a des objectifs à moyen terme, mais nous avons besoin de solutions abordables dès maintenant.

Bâtir un Canada fort prendra des années. Des millions de Canadiens attendent des preuves que leur gouvernement comprend les difficultés financières auxquelles ils sont confrontés aujourd'hui, et pas seulement la prospérité qu'il espère créer demain.

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Paul Kershaw
/Le 18 juin 2026

Le Premier ministre Mark Carney agenda économique Elle vise à rendre le Canada plus productif, résilient et prospère grâce à des investissements majeurs dans le logement, les infrastructures, la défense et l'intelligence artificielle. Le défi réside dans le choix du moment opportun.

Une grande partie de la Plan Carney Il s'agit d'un projet à moyen terme. La construction de logements neufs prend généralement des années. Les grands projets d'infrastructure s'étalent souvent sur une décennie. Les acquisitions de matériel de défense sont lentes. Les centres de données dédiés à l'IA ne transformeront pas les économies locales du jour au lendemain.

Pendant ce temps, des millions de Canadiens sont aujourd'hui en difficulté.

Si Statistique Canada indique que la richesse a continué de croître. Pour le Canadien moyen ces dernières années, des millions de personnes sont exclues de cette expérience typique, notamment les jeunes générations et les locataires de tous âges. Entre les loyers élevés, les prêts hypothécaires importants, la hausse des prix des produits d'épicerie et l'augmentation des coûts des études postsecondaires, 40 % des Canadiens passent des nuits blanches à s'inquiéter de leurs finances, selon de nouvelles données de Centraide United Way CanadaIls voient l'économie canadienne générer de la richesse, mais pas pour eux.

Cette frustration commence peut-être à se manifester politiquement. De récents sondages par Abaque Cela laisse présager un déclin de la popularité exceptionnelle du Premier ministre. Pour les Canadiens qui ont besoin d'aide immédiatement, le moyen terme peut sembler une éternité.

À son crédit, M. Carney reconnaît ces pressions financières.

Son nouveau les produits d'épicerie et les articles de première nécessité bénéficient offre un paiement unique de quelques centaines de dollars aux Canadiens admissibles. le programme permanent de 25% Cette augmentation représentera environ 100 dollars supplémentaires par an pour de nombreux bénéficiaires. Elle s'ajoute à la décision du gouvernement Carney. réduire le taux d'imposition fédéral le plus bas Peu après les élections, cela a permis de réaliser des économies annuelles allant jusqu'à 420 dollars pour certains contribuables, mais seulement la moitié de ce montant pour ceux qui ont des revenus modestes.

Toutefois, ces options n'offrent qu'un soulagement de quelques centaines de dollars à un moment où de nombreux Canadiens sont confrontés à des difficultés financières se chiffrant en milliers de dollars.

Un programme d'accessibilité financière beaucoup plus ambitieux est possible. Ottawa pourrait ajouter 5 000 $ par année au revenu de chaque aîné vivant sous le seuil de pauvreté, fournir une aide au loyer de 3 000 $ à un million de locataires, augmenter la bourse d’études canadienne de plusieurs milliers de dollars pour les 586,000 étudiants qui en dépendent, étendre les services de garde d'enfants abordables à 100 000 enfants supplémentaires et étendre le Corps jeunesse pour le climat de la Colombie-Britannique à un programme national offrant à des dizaines de milliers de jeunes Canadiens des emplois, une formation professionnelle et des possibilités de leadership.

Ensemble, ce sont ces types d'investissements qui peuvent améliorer sensiblement l’abordabilité dès maintenant, tandis que la stratégie à long terme du gouvernement vise à accélérer la productivité au fil du temps.

Le fait d'être d'accord ou non avec chaque point de cette liste n'est pas la question.

L’important, c’est qu’Ottawa dispose actuellement de marges de manœuvre budgétaires pour mettre en œuvre des mesures d’accessibilité financière qui injectent des milliers de dollars dans le budget des Canadiens les plus aux prises avec des problèmes de logement, d’éducation, de garde d’enfants et d’insécurité du revenu.

La question est de savoir d'où viendrait l'argent.

Le premier ministre a déjà lancé un examen visant à identifier les économies possibles au sein du gouvernement. Après avoir demandé aux ministères de réduire leurs dépenses et examiné de près les dépenses de tous les programmes, Ottawa a constaté que… environ 12 milliards de dollars d'économies annuelles.

C'est un accomplissement significatif.

Pourtant, l'un des plus importants compromis en matière d'accessibilité financière à Ottawa demeure largement absent des débats à la Chambre des communes.

Ottawa est en voie de dépenser environ $ 17.5-billion Les subventions de la Sécurité de la vieillesse sont destinées aux retraités vivant dans des ménages dont le revenu dépasse six chiffres. Il ne s'agit pas des aînés qui peinent à payer leurs courses ou leur logement. Bien que plusieurs s'inquiètent, à juste titre, des coûts futurs des soins de longue durée, ce groupe fait généralement partie des Canadiens qui ont connu une forte accumulation de patrimoine au cours des dernières décennies et qui ont, dans l'ensemble, préservé leur sécurité financière durant la pandémie et l'inflation subséquente.

Réaffecter seulement la moitié de ces dépenses permettrait de presque doubler les économies réalisées grâce à la revue des dépenses publiques.

La marge de manœuvre budgétaire ainsi dégagée permettrait de financer un programme d'accessibilité financière bien plus ambitieux sans augmenter les taux d'imposition ni creuser le déficit fédéral.

Voilà le choix d'accessibilité financière auquel le premier ministre est confronté : continuer à subventionner les ménages de retraités qui reçoivent plus de 100 000 $ ou réorienter une partie de cet argent vers les Canadiens de tous âges qui ont du mal à joindre les deux bouts.

La stratégie économique à long terme de M. Carney est importante. Le Canada a besoin de plus de logements, de plus d'infrastructures, d'une croissance de la productivité plus forte et d'une plus grande résilience économique.

Mais bâtir un Canada fort prendra des années. Des millions de Canadiens attendent des preuves que leur gouvernement comprend les difficultés financières auxquelles ils sont confrontés aujourd'hui, et pas seulement la prospérité qu'il espère créer demain.

Continuer à allouer des milliards de dollars de subventions à des ménages de retraités aux revenus à six chiffres envoie un signal contraire.

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À propos de Paul Kershaw
Paul Kershaw, professeur titulaire primé à l'Université de la Colombie-Britannique et fondateur de Generation Squeeze, est un conférencier et collaborateur régulier des médias. Il tient notamment une chronique bimensuelle dans le Globe & Mail.

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