Globe & Mail : La politique de la réforme de la sécurité des personnes âgées est en pleine mutation

Un changement important s'est produit lors de cette saison budgétaire fédérale. Pendant des années, Generation Squeeze était la seule voix à dénoncer le fait que la Sécurité de la vieillesse absorbe plus de fonds publics que tout autre poste budgétaire à Ottawa, évinçant d'autres investissements et creusant le déficit. Aujourd'hui, un nombre croissant de commentateurs tirent la même sonnette d'alarme. Au sein même du gouvernement, la situation politique évolue également.

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Paul Kershaw
/28 novembre 2025

Initialement publié en Le Globe & Mail sur Novembre 21, 2025

Quelque chose d'important a changé cette saison budgétaire fédérale. Pendant des années, j'ai eu l'impression d'être une voix isolée qui mettait en garde contre ce changement. Sécurité de la vieillesse absorbe plus de recettes fiscales que toute autre ligne de Le budget d'Ottawace qui évince d'autres investissements et creuse le déficit. Aujourd'hui, un nombre croissant d'observateurs tirent la sonnette d'alarme.

Au sein même du gouvernement, la situation politique évolue également. Lors de consultations précédentes, on m'a dit que le SV était un sujet trop risqué à aborder. une interview récente Les propos du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, laissent penser que le plus grand risque est désormais d'éviter toute réforme. Interrogé sur le vote populaire, ses réponses se sont révélées insuffisantes, risquant d'aliéner les jeunes électeurs, les défenseurs des aînés en situation de pauvreté et tous ceux qui s'inquiètent des finances fédérales. Elles pourraient également offrir une occasion facile à l'opposition conservatrice.

Les hommes politiques doivent prendre note du fait que de jeunes journalistes tels que Rob Csernyik, Robyn Urback et Max Fawcett On encourage la génération Z et les milléniaux à se préoccuper de la vulnérabilité sociale. Même si la retraite semble encore lointaine pour les jeunes, ils sont de plus en plus nombreux à comprendre que la vulnérabilité sociale est l'une des principales raisons pour lesquelles les gouvernements peinent à rendre leur vie plus abordable. Lorsque les dépenses fédérales, qui dépassent largement le simple soutien aux personnes âgées vulnérables, servent notamment à verser 18 000 dollars par an à des couples retraités aux revenus aisés, il ne reste que peu de marge de manœuvre budgétaire pour faire face aux difficultés rencontrées par les jeunes générations.

Ce Le comité de rédaction du journal a déjà donné son accord. Une solution pragmatique : maintenir la Subvention de solidarité active (SSA) pour la plupart des aînés, mais l’éliminer progressivement à partir de 100 000 $ de revenu familial, plutôt que du seuil actuel de 182 000 $ pour les couples retraités. Touchant environ 20 % des aînés, cette mesure permettrait à Ottawa d’économiser 7 milliards de dollars par année. On pourrait consacrer 2.5 milliards de dollars à verser 5 000 $ supplémentaires à chaque aîné à faible revenu – éliminant ainsi la pauvreté au sein de ce groupe de Canadiens – et affecter le reste à des priorités comme l’amélioration de l’accessibilité au logement pour les jeunes.

Alors que la réforme du régime de retraite est désormais au cœur des débats, il n'est pas surprenant que l'on ait demandé à M. Champagne si, dans le cadre de ses délibérations budgétaires, il avait été envisagé d'être un peu moins généreux envers les personnes âgées financièrement stables afin d'être un peu plus généreux envers les plus jeunes. La surprise fut sa réponse.

Premièrement, il a déclaré que son budget permettrait d'équilibrer le budget de fonctionnement dans un délai de trois ans, afin que les emprunts futurs soient limités aux infrastructures durables bénéficiant aux jeunes.

Mais  Agent du budget parlementaire Des rapports indiquent que la définition des investissements en capital utilisée par le gouvernement est trop large. Selon les estimations du Bureau du directeur parlementaire du budget (BDP), les dépenses en capital prévues sont environ 30 % inférieures à celles annoncées par le ministre, ce qui signifie que les dépenses de fonctionnement resteront déficitaires. Ce déficit s'explique en grande partie par la générosité persistante du programme de ristournes aux couples retraités disposant de revenus à six chiffres.

Deuxièmement, M. Champagne a qualifié ses dépenses d'infrastructure de transformatrices. Or, l'ampleur du projet est cruciale. Les dépenses d'infrastructure devraient augmenter d'environ 5 milliards de dollars en 2029. À titre de comparaison, les dépenses destinées aux électeurs âgés augmenteront de 28 milliards de dollars la même année, soit près de six fois plus. Si l'objectif du gouvernement est de réorienter les ressources budgétaires vers la construction de l'avenir, les chiffres montrent que les dépenses destinées aux électeurs âgés d'aujourd'hui restent prédominantes.

Troisièmement, il a cité le logement et le Corps jeunesse pour le climat comme preuves que les jeunes sont une priorité du budget 2025. Or, les chiffres racontent une tout autre histoire.

Le Youth Climate Corps ne reçoit que 20 millions de dollars par an – une somme dérisoire comparée aux dépenses de la Silicon Valley.

Les investissements en capital dans le logement devraient passer de 4 milliards de dollars en 2023 à 3.4 milliards de dollars en 2029. Une hausse temporaire entre 2025 et 2027 est suivie de la fin du financement de la Stratégie nationale sur le logement, ce qui crée un risque majeur à moins qu'Ottawa ne renouvelle et ne renforce rapidement cette stratégie.

Deux autres mesures en matière de logement compensent ce déclin : l’élimination de la TPS pour les premiers acheteurs et l’aide aux municipalités pour les frais d’aménagement. Compte tenu de la baisse des investissements, le budget 2025 prévoit des dépenses nettes en nouveaux logements d’environ 1.6 milliard de dollars en 2029 par rapport à 2023.

Il est difficile de qualifier ces 1.6 milliard de dollars d’« investissement générationnel » quand le même budget alloue 28 milliards de dollars de dépenses supplémentaires aux retraités pour la seule année en question, y compris un soutien aux couples à revenus élevés et possédant un patrimoine immobilier important.

J’apprécie que M. Champagne ait conclu son récent discours en se disant ouvert à une rencontre sur la réforme de la SV, en citant mes recherches. J’ai l’intention d’accepter.

Le besoin est urgent. Trop de jeunes Canadiens sont pris au piège de la précarité financière, et 400 000 aînés vivent toujours sous le seuil de pauvreté, même si le programme de prestations sociales verse de généreuses subventions aux ménages retraités dont le revenu est deux fois supérieur au revenu médian national. Si nous voulons vraiment bâtir « la meilleure économie du G7 », modernisation de SV Il est essentiel de débloquer les investissements dont les jeunes générations et les générations futures ont besoin, tout en veillant à ce qu'aucun aîné ne soit laissé pour compte.

 


Paul KershawPaul Kershaw, docteur en sciences politiques, est professeur à l'Université de la Colombie-Britannique et fondateur de Génération SqueezeGen Squeeze, la principale voix canadienne en matière d'équité intergénérationnelle. Vous pouvez suivre Gen Squeeze sur Bluesky, Facebook, Instagram et LinkedIn et Abonnez-vous au podcast « Paul's Hard Truths ».

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À propos de Paul Kershaw
Paul Kershaw, professeur titulaire primé à l'Université de la Colombie-Britannique et fondateur de Generation Squeeze, est un conférencier et collaborateur régulier des médias. Il tient notamment une chronique bimensuelle dans le Globe & Mail.

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