Globe & Mail : Les jeunes Canadiens méritent une compensation pour la hausse des prix de l’immobilier.
Corriger le déséquilibre générationnel dans les budgets gouvernementaux est le minimum que le Canada puisse faire pour compenser les jeunes qui ont sacrifié leur sécurité financière afin de protéger le patrimoine immobilier des propriétaires qui les ont précédés.
Les prix des logements devraient caler, pas tomber Trop. C'est un point de vue récemment défendu par le Premier ministre Justin Trudeau. Je pense qu'il a raison – à une condition.
Ma réserve : nous devrions indemniser les jeunes pour le sacrifice de leur niveau de vie en contrepartie du fait de leur demander de supporter des coûts de logement plus élevés afin de protéger les personnes âgées qui comptent sur les prix actuels des logements pour leur retraite.
Jusqu'à présent, cette réciprocité intergénérationnelle fait défaut au Canada. plan de logement. Son ajout est essentiel si Ottawa veut tenir sa promesse d’« équité pour chaque génération », thème de le dernier budget fédéral.
Cette faiblesse politique a récemment été mise en lumière par la journaliste du Globe and Mail, Irene Galea, dans un article. interview Lors d'une interview avec le Premier ministre dans le podcast City Space, Irene, se définissant comme membre de la génération Z, a expliqué que les prix de l'immobilier devraient baisser de 50 % pour devenir abordables pour sa génération. Ou, si cette réduction est inacceptable pour les propriétaires, la plupart d'entre eux devront attendre 18 ans pour que leurs revenus suivent la même tendance, tandis que les prix de l'immobilier stagnent.
Face à ces options, le Premier ministre a réagi comme la plupart des politiciens lorsque les propriétaires représentent la majorité des électeurs. Il a rassuré son auditoire en affirmant que son gouvernement entendait maintenir la valeur des logements, car le patrimoine immobilier constitue une part importante du potentiel de retraite et d'épargne future des citoyens.
Dans la foulée, il a reconnu que les inégalités intergénérationnelles persistent. La hausse actuelle des prix de l'immobilier creuse souvent un fossé considérable entre propriétaires et locataires. « Ce n'est pas toujours juste », a-t-il conclu.
Il existe désormais un consensus politique sur ce problème, ce qui me rend optimiste.
Je n'ai mis en évidence avant Le chef conservateur Pierre Poilievre a également souligné comment la hausse rapide de la valeur des maisons a alimenté « un transfert de richesse colossal des travailleurs salariés vers les riches propriétaires de biens », dont beaucoup sont des propriétaires âgés comme moi. campagne publicitaire actuelle Il explique clairement pourquoi ce transfert colossal pose un problème majeur aux jeunes : « Quand j’étais jeune, il y avait un système dans ce pays… On trouvait un travail, on avait une maison avant la vingtaine. Ce système n’existe plus. »
Puisque les deux chefs de parti ont identifié ce problème intergénérationnel, notre pays est désormais mieux placé pour concevoir un plan adéquat afin de le maîtriser.
Je comprends parfaitement la réticence de tout homme politique à envisager une forte baisse des prix de l'immobilier. Malgré notre détermination à rétablir l'accessibilité au logement, ma propre organisation, Generation Squeeze estime que cette mesure n'est pas politiquement réalisable. Une chute brutale des prix mécontenterait trop d'électeurs âgés et risquerait de propager d'autres problèmes financiers dommageables à l'ensemble de l'économie.
Ce sacrifice ne se limite pas à protéger l'épargne de nombreux retraités. Comme le révèle l'analyse patrimoniale de M. Poilievre, l'accession à la propriété est devenue une véritable machine à sous pour beaucoup de gens comme moi.
Le logement pouvait constituer une épargne de précaution lorsque les propriétaires se constituaient un patrimoine principalement grâce au remboursement de leur emprunt hypothécaire. Les mensualités fonctionnaient comme une forme d'épargne forcée. Au fil des ans, les emprunteurs passaient du statut de débiteur à celui de propriétaire, ce qui leur permettait de vivre sans loyer à la retraite et de disposer d'un capital à utiliser.
Mais les dernières décennies ont modifié cette norme culturelle, notamment en Colombie-Britannique et en Ontario. L'acquisition de capital principalement par le remboursement de l'hypothèque a été supplantée par l'anticipation d'une croissance exponentielle de la valeur des logements.
Tout en préservant ces gains de richesse, de nombreux politiciens espèrent désormais pouvoir inonder le marché de nouveaux logements afin de réduire les loyers ou les coûts d'accession à la propriété pour les jeunes. Il y a peu de chances que cela se produise prochainement sans d'importantes subventions publiques.
Augmenter ces subventions permettrait aux propriétaires plus âgés et aisés de commencer à dédommager les jeunes générations pour avoir toléré un compromis politique qui protège nos fortunes à leurs dépens. Nous pouvons contribuer davantage au développement de logements locatifs et coopératifs abordables, économes en énergie et adaptés aux familles, et veiller à ce que les frais d'études supérieures et de garde d'enfants ne représentent plus des mensualités équivalentes à un prêt immobilier.
Malheureusement, comme le savent les lecteurs de mes précédentes chroniques, budgets fédéraux et provinciaux contemporains Elles font exactement le contraire. Elles augmentent de manière disproportionnée les dépenses pour les retraités, tout en laissant des déficits que les jeunes devront combler plus tard.
Corriger ce déséquilibre générationnel dans les budgets gouvernementaux est le minimum que nous puissions faire pour compenser les jeunes du calcul politique qui les oblige à renoncer à une partie de leur niveau de vie afin de préserver le patrimoine immobilier accumulé par de nombreux Canadiens plus âgés comme moi.