Principes directeurs
Pour résoudre un problème complexe, il est essentiel de maîtriser les principes fondamentaux. Faute de quoi, le système continuera de pencher dans la direction du problème, quels que soient les efforts déployés pour corriger les éléments pris individuellement. Voici trois principes qui nous semblent nécessaires pour résoudre le problème complexe de l'inaccessibilité au logement :
Le logement décent est un droit humain
L'idée que tous les êtres humains possèdent des droits inhérents du simple fait d'être humains nous permet de nous défendre contre les pires dérives de nos systèmes politiques, sociaux et économiques.
L'un des droits humains fondamentaux est le droit à un logement et à un abri convenables., reconnues dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et dans la Stratégie nationale sur le logement du Canada.
Ce droit revêtira différentes significations selon les contextes, de sorte que sa définition et sa réalisation constituent un processus continu. Fondamentalement, cela signifie que si nous sommes en mesure d’offrir à tous les Canadiens et Canadiennes l’accès à un logement convenable, alors nous le faisons. Cela nous oblige également à lutter contre les nombreuses formes de discrimination qui persistent dans notre système de logement et à inclure les personnes marginalisées dans la prise de décision.
Pour concrétiser ce droit, il nous faut choisir d'autres principes fondamentaux qui orientent l'ensemble du système de logement vers sa réalisation. C'est là qu'interviennent les deux principes suivants.
Le logement d'abord, les investissements ensuite.
L'une des causes profondes de l'inaccessibilité au logement est ce qu'on appelle « Financiarisation » ou « marchandisation » du logement.
Gagner de l'argent grâce au logement, que ce soit en construisant ou en améliorant des biens, ou en exploitant des appartements locatifs bien entretenus à des loyers équitables, est généralement une bonne chose, car cela aide les gens à se loger.
Les choses deviennent excessivement « marchandisées » lorsque la simple propriété de maisons et de terrains est traitée comme une stratégie d'investissement — dans le but d'accumuler des richesses (au-delà des remboursements du capital) sans rien faire du tout.
Ce type de marchandisation (ou spéculation) engendre des attentes ou des dépendances institutionnelles et individuelles vis-à-vis d'un type de profit qui se fait souvent au détriment direct de la capacité des autres à trouver et à se loger décemment.
Ce principe directeur nous appelle à Considérez le logement davantage comme un lieu où se sentir chez soi, et moins comme un moyen de s'enrichir.et peut être appliquée à chaque catégorie d'action dans ce cadre de solution.
Faites de la place pour tout le monde
Cela signifie que toute politique du logement devrait être créée dans le but de accueillir une diversité de personnes, de revenus, de types de logements de qualité et de statuts d'occupation dans tous nos quartiers et nos communautés.
Il s'agit d'une réponse aux politiques de logement existantes (par exemple, les régimes de zonage), aux pratiques et aux attitudes qui alimentent l'étalement urbain et qui, intentionnellement ou non, partiellement ou totalement, et de manière proactive ou réactive, ont pour effet d'exclure des groupes de personnes (notamment les locataires, les personnes de couleur, les personnes à faible et moyen revenu, les immigrants et les familles) de la possibilité de vivre dans des logements de qualité à proximité des emplois, des commodités et de la famille souhaités.
Ce principe directeur peut s'appliquer à toutes les catégories d'actions de ce cadre. Dans certains cas, l'application est directe (par exemple, augmenter l'offre) et dans d'autres, indirecte (par exemple, toute action qui réduit les coûts peut avoir pour effet de libérer de l'espace).