La période des déclarations de revenus amène de nombreuses personnes à se demander comment les gouvernements utilisent leur argent durement gagné. Notre nouveau rapport met en lumière les coûts cachés d'une politique fiscale qui aggrave les inégalités de richesse, mais dont la majorité des Canadiens ignorent l'existence : l'abri fiscal lié à la propriété d'une résidence principale.
Gen Squeeze plaide depuis longtemps pour un rééquilibrage de notre système fiscal afin de corriger les inégalités croissantes entre les jeunes et les aînés canadiens. La réduction de l'abri fiscal lié à l'accession à la propriété est essentielle pour lutter contre la crise du logement abordable et les inégalités intergénérationnelles au sein de notre système.
Lorsque la valeur des propriétés augmente, le patrimoine immobilier des propriétaires est à l'abri de l'impôt. Les salaires du travail sont beaucoup plus fortement imposés que les plus-values immobilières réalisées pendant que les propriétaires dorment et regardent la télévision. C'est important, car les propriétaires canadiens ont accumulé 3 200 milliards de dollars supplémentaires en patrimoine immobilier depuis le milieu des années 1970, la majeure partie étant exempte d'impôt.
Lisez le rapport complet dans le Journal fiscal canadien
Pourquoi avons-nous rédigé ce rapport ?
Nous souhaitons informer davantage de personnes que la hausse de la valeur des maisons est exonérée d'impôt.
Les sondages révèlent que 52 % des Canadiens ignorent l'existence de cet abri fiscal. Renoncer à des recettes fiscales équivaut à une dépense publique. Cette politique a coûté 10 milliards de dollars au gouvernement du Canada en 2022, et les provinces ont perdu des milliards supplémentaires. L'abri fiscal pour l'accession à la propriété est ainsi de loin la plus importante subvention au logement offerte au Canada. Pourtant, il n'est fait mention ni dans la Stratégie nationale sur le logement, ni dans les budgets gouvernementaux.
L'avantage fiscal lié à la propriété immobilière alimente les inégalités de richesse et les injustices intergénérationnelles.
Les propriétaires âgés ayant investi dans le logement il y a plusieurs décennies ont été les principaux bénéficiaires de la hausse des prix. Parallèlement, ceux qui n'ont pas encore accédé au marché immobilier – comme de nombreux jeunes et les nouveaux arrivants au Canada – subissent de plein fouet les conséquences de la hausse des prix de l'immobilier sur leurs revenus. De plus, l'avantage fiscal indu profite injustement aux propriétaires des marchés immobiliers les plus dynamiques, tout en pénalisant les résidents des Prairies et du Canada atlantique.
Points clés à retenir
L'avantage fiscal lié à l'accession à la propriété incite les Canadiens à souhaiter une hausse encore plus importante des prix de l'immobilier.
Les Canadiens nourrissent une profonde méfiance envers les PDG des supermarchés qui s'enrichissent considérablement grâce à l'inflation alimentaire. Alors pourquoi ne nous préoccupons-nous pas autant des gains que les propriétaires immobiliers peuvent réaliser grâce à l'inflation des prix de l'immobilier ? Lorsque la hausse de la valeur des maisons offre aux propriétaires un moyen d'accroître leur patrimoine à l'abri de l'impôt, il n'est pas surprenant que les augmentations de prix soient bien accueillies par beaucoup, malgré les dommages collatéraux causés à l'accessibilité au logement. Contrairement aux hausses du prix des aliments ou du carburant qui nuisent à l'accessibilité au logement pour tous, le fait que la hausse des prix de l'immobilier profite à de nombreux propriétaires (souvent plus âgés) explique en grande partie le manque d'empressement à prendre des mesures pour faire baisser ces prix.
L'avantage fiscal lié à la propriété immobilière alimente les inégalités de richesse croissantes
L'immense richesse immobilière générée par la hausse des prix est devenue un indicateur clé des inégalités. Les propriétaires aisés bénéficient d'enrichissements considérables, favorisés par un traitement fiscal avantageux. Les autres, démunis, sont confrontés à des prix exorbitants ou à un endettement hypothécaire colossal.
L'avantage fiscal lié à la propriété immobilière fausse notre économie
L'exonération fiscale du patrimoine immobilier favorise l'investissement dans ce secteur au détriment d'autres investissements, notamment dans des secteurs créateurs d'emplois. L'immobilier contribue à hauteur de 14 % au PIB du Canada, mais seulement 2 % des Canadiens y travaillent.
Les Canadiens sont prêts à réformer l'abri fiscal lié à la propriété immobilière.
Les sondages montrent que les Canadiens sont prêts à envisager des changements au régime fiscal applicable au logement. Pourtant, les dirigeants politiques tardent à réagir, au lieu de s'attaquer courageusement à cette politique néfaste.
Ce que nous recommandons
Perturbation – et non élimination
Supprimer l'avantage fiscal lié à l'accession à la propriété n'est ni la première ni la meilleure solution pour adapter la politique fiscale afin de lutter contre les inégalités de patrimoine en matière de logement et les problèmes d'accessibilité (pour les spécialistes, les raisons techniques sont détaillées dans l'étude complète ). Nous suggérons plutôt de réduire progressivement cet avantage fiscal au moyen d'un autre outil.
Mettez un modeste prix des inégalités en matière de logement
Pour freiner la flambée des prix de l'immobilier qui a plongé le Canada dans une crise d'accessibilité au logement, nous recommandons d'instaurer une légère surtaxe sur les propriétés de plus d'un million de dollars. Cette surtaxe varierait de 0.2 % à 1 %. Son paiement pourrait être différé jusqu'à la vente du bien, afin de protéger les propriétaires de résidences de grande valeur à faibles revenus.
Ce que vous pouvez faire
Mettez ces arguments à l'épreuve :
- Les revenus du travail ne devraient pas être taxés davantage que les plus-values immobilières que les propriétaires réalisent grâce à la hausse des prix de l'immobilier pendant qu'ils dorment et regardent la télévision.
- Tout comme les paradis fiscaux offshore incitent à transférer de l'argent hors du Canada pour préserver son patrimoine, le paradis fiscal lié à la propriété immobilière nous incite à miser sur la hausse des prix de l'immobilier pour s'enrichir.
- En transformant l'accession à la propriété en stratégie d'investissement, nous compromettons les difficultés d'accès au logement et pénalisons les jeunes et les nouveaux arrivants au Canada. Il est temps de protéger de véritables abris, et non des abris fiscaux.
Faites savoir à vos élus que vous n'avez pas peur de parler de l'avantage fiscal lié à l'accession à la propriété.
La politique réagit à ceux qui s'organisent et se mobilisent. Nombre de Canadiens sont prêts à discuter des mesures à prendre pour démanteler le système d'abri fiscal lié à l'accession à la propriété ; alors, faisons savoir à nos dirigeants politiques qu'il est temps pour eux aussi de prendre leurs responsabilités.
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Aucune mesure isolée ne permettra de corriger les dysfonctionnements de notre système de logement. Nos solutions globales en matière de politique du logement définissent des pistes pour rendre les logements de qualité abordables d'ici 2030.






