Comment les gouvernements ont sous-investi dans la jeunesse pendant 40 ans
Depuis plus de quarante ans, les gouvernements privilégient l'investissement dans les générations plus âgées plutôt que dans les plus jeunes, tandis que leur attention portée aux soins médicaux et à la retraite a largement négligé les programmes sociaux destinés aux jeunes.
Voici les conclusions de l'équipe du laboratoire Gen Squeeze (Université de la Colombie-Britannique) qui a examiné les tendances des dépenses publiques au cours des 40 dernières années. (L'étude a été publiée dans le…) Revue canadienne de santé publique en 2020).
Nos recherches montrent :
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Depuis 1976, les gouvernements ont augmenté les dépenses par personne consacrées aux retraités quatre fois plus vite qu’à ceux consacrées aux jeunes Canadiens. Cela s'explique par le fait que la sécurité sociale des retraités et les soins médicaux pour les retraités ont bénéficié des investissements les plus importants.
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Les dépenses consacrées aux jeunes Canadiens n'ont pas suivi le rythme de la croissance économique. Si tel était le cas, les gouvernements consacreraient 19 milliards de dollars supplémentaires par année à des programmes destinés aux jeunes Canadiens. Cela suffirait à financer deux fois un programme national et universel de services de garde d'enfants, à augmenter de près de 50 % les dépenses en éducation postsecondaire, ou encore à accélérer la mise en œuvre d'une stratégie nationale en matière de logement qui réduirait l'écart entre les loyers, les prix des maisons et les revenus des jeunes.
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L'accent mis sur les soins médicaux a relégué au second plan les dépenses consacrées aux programmes sociaux destinés aux jeunes Canadiens. — alors même que les données probantes démontrent que les dépenses sociales améliorent la santé à long terme. C'est comme dépenser tout notre argent en pompiers au lieu d'améliorer les bâtiments pour prévenir les incendies.
- La dette publique des Canadiens de moins de 45 ans est aujourd’hui trois fois plus élevée qu’il y a quarante ans. En 1976, la dette publique s'élevait à 15 000 dollars par personne de moins de 45 ans ; en 2016, ce chiffre avait atteint 44 000 dollars. Cela s'explique par le fait que les gouvernements n'ont pas perçu suffisamment de recettes pour couvrir l'augmentation des dépenses liées à la sécurité des revenus de retraite ou aux soins médicaux.
Comment est-ce arrivé?
L’étude met en évidence deux tendances qui ont entraîné un sous-investissement dans la jeunesse canadienne.
Premièrement, les dépenses publiques consacrées à la sécurité sociale des retraités et aux soins médicaux pour les personnes âgées ont augmenté de 39 milliards de dollars par an.
Deuxièmement, les recettes générales des gouvernements n'ont augmenté que de 11 milliards de dollars, soit à peine le quart des investissements supplémentaires qu'ils ont consacrés au vieillissement de la population. Par conséquent, les Canadiens de moins de 45 ans héritent aujourd'hui d'une dette publique qui a triplé, passant de 15 000 $ en 1976 à 44 000 $.
Jusqu'à présent, les politiciens ont évité ce genre de discours budgétaire franc. Les récentes élections fédérales en sont un parfait exemple. Les deux partis ayant remporté le plus de sièges ont promis une augmentation annuelle minimale de 17 milliards de dollars pour la sécurité des personnes âgées, une augmentation annuelle de 8 milliards de dollars pour les soins médicaux et d'importantes réductions d'impôt.
En comparaison, très peu de choses ont été consacrées à la question de l'accessibilité au logement, du coût de la garde d'enfants, des frais de scolarité et de l'endettement des étudiants, etc.
Ce n'est pas un jeu à somme nulle
Les nouveaux investissements destinés aux jeunes générations peuvent être financés par les dépenses existantes ou par de nouvelles recettes, sans que cela ne modifie la façon dont les gouvernements investissent dans les Canadiens âgés.
À l'approche du budget fédéral de 2020, les Canadiens ont exhorté le gouvernement à inclure cinq actions clés Pour rétablir l'équilibre, ces mesures comprennent des actions visant à freiner la spéculation immobilière, à protéger les logements locatifs abordables, à fixer des objectifs climatiques juridiquement contraignants et à garantir l'accès à la garde d'enfants pour tous.
Nous avons également demandé plus de transparence concernant l'évolution démographique dans les finances publiques. Le gouvernement fédéral a fait un pas dans la bonne direction l'an dernier en publiant ses données. analyse de première génération d'un budget, mais Des progrès supplémentaires sont nécessaires. Il est important de publier la ventilation des budgets par âge car cela permet de montrer si l'argent est dépensé équitablement entre toutes les générations.
Et ensuite?
Notre objectif est de garantir que les gouvernements établissent des budgets équitables pour toutes les générations. Chacun mérite de pouvoir vivre chez soi, sans le stress chronique des factures impayées ni la crainte d'une aggravation de la catastrophe climatique.
Ne répétons pas les erreurs du passé.
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