Objectifs clés

  • Toute politique du logement devrait être envisagée sous l'angle de la réconciliation.

    C'est:

    • Les politiques ou stratégies en matière de logement en question aggravent-elles ou contribuent-elles à corriger la colonisation des peuples autochtones au Canada ? Par exemple, visent-elles à redistribuer les richesses issues de l’immobilier aux communautés autochtones sur les terres traditionnelles et/ou non cédées desquelles ces richesses ont été créées ?
    • Cherchent-ils à identifier et à réparer les violations des droits liées au logement ?
    • Comportent-elles des stratégies de logement urbain pour les populations autochtones, dotées de ressources suffisantes, et des options de logement culturel ?
    • Ces dispositifs comprennent-ils les ressources nécessaires et/ou les pouvoirs d'autonomie souhaités pour aider les gouvernements autochtones à résoudre les problèmes de logement de manière durable et adaptée au contexte local ?
  • Toute politique du logement doit être envisagée sous un angle économique.

    C'est:

    • Les politiques ou stratégies en matière de logement en question contribuent-elles à renforcer ou à affaiblir l'économie canadienne ?

    Cette perspective suscite immédiatement des points de vue différents sur ce qui constitue ou non une activité économique saine en matière de logement.

    Par exemple, le deuxième principe directeur de ce cadre, « Le logement d’abord, l’investissement ensuite », le « Plan de base » qui vise à maîtriser les coûts, et le troisième pilier politique, « Briser la dépendance aux valeurs immobilières élevées », contiennent une critique implicite du degré actuel de dépendance économique du Canada à l’égard de la hausse des prix des maisons et des terrains.

    Le logement devrait être au cœur de toute stratégie économique gouvernementale. Plutôt que de chercher à stimuler la spéculation immobilière, il convient de privilégier les gains de productivité et les économies sociales réalisées en garantissant à chacun un logement abordable et adapté à ses besoins. Il est temps d'imaginer une économie dynamisée par un système de logement qui réintègre le coût de la vie aux revenus locaux afin de soutenir l'emploi et la croissance dans d'autres secteurs.

    Cela est d’autant plus vrai que le Canada cherche à se remettre de la pandémie de Covid-19, qui a touché de manière disproportionnée les personnes les moins susceptibles d’avoir un logement stable au départ.

  • Toute politique du logement devrait être envisagée sous l'angle des inégalités.

    C'est:

    • Les politiques ou stratégies en question aggravent-elles ou réduisent-elles les inégalités liées au logement, tant en termes d'accès que de richesse ?
    • En matière d'accès, cherchent-ils à accroître le nombre et la qualité des logements disponibles et abordables pour une population diversifiée ?
    • Cherchent-ils à éliminer les obstacles liés à la discrimination fondée sur la race, la classe sociale, l'âge, le sexe, l'orientation sexuelle, les capacités physiques, le type d'emploi et d'autres facteurs ?
    • En matière de patrimoine, cherchent-ils à réduire les inégalités de richesse massives – entre locataires et propriétaires, entre et au sein des groupes d’âge, etc. – qui ont été engendrées par le logement au Canada et dans le monde entier ?
  • Toute politique du logement devrait être envisagée sous l'angle de la santé.

    C'est:

    • Les politiques ou stratégies en question améliorent-elles ou nuisent-elles à la santé et au bien-être des individus, des familles et de la communauté ?
    • Reconnaissent-ils l'importance cruciale d'un logement décent et stable pour la santé ? Inversement, reconnaissent-ils les coûts importants, liés à la santé, d'un logement inadéquat ou inabordable et des déplacements de population ?
    • Soutiennent-ils l'utilisation de matériaux de construction sains et/ou les travaux de rénovation et de modernisation ?
    • Reconnaissent-ils que, pour certaines personnes, les services de logement ne valent que par les services d'accompagnement qui les soutiennent, notamment le soutien en matière de santé mentale et de toxicomanie, le soutien linguistique et culturel, la protection contre la violence, etc. ?
  • Toute politique du logement devrait être envisagée sous l'angle de la qualité de vie.

    C'est:

    • Les politiques ou stratégies en question favorisent-elles non seulement un logement abordable et convenable, mais aussi un quartier, une communauté et un mode de vie agréables et dynamiques ?
    • Encouragent-elles et permettent-elles aux gens de vivre dans des quartiers piétonniers proches des emplois et des commodités, ou les repoussent-elles toujours plus loin ?
    • Intégrent-ils les infrastructures de transport actif et public et le développement économique local ?
    • Favorisent-elles les relations entre voisins et accueillent-elles la diversité des personnes et des familles, ou promeuvent-elles l'homogénéité et l'isolement ?
  • Toute politique du logement devrait être envisagée sous l'angle environnemental.

    C'est:

    • Les politiques ou stratégies en question favorisent-elles la protection de l'environnement, réduisent-elles les émissions de gaz à effet de serre et limitent-elles les autres formes de pollution, de déchets et de substances toxiques ?
    • Sont-ils plutôt favorables à un étalement urbain ou à un développement compact ?
    • Avant de construire des logements sur des friches industrielles, ces sites ont-ils été évalués en vue d'une utilisation alternative en tant que zones de conservation de la faune restaurées (par exemple, d'anciens sites industriels donnant sur le front de mer) ?
    • Reconnaissent-ils et prennent-ils en compte l'augmentation des risques environnementaux liés aux changements climatiques, tels que les inondations, l'élévation du niveau de la mer, les risques d'incendies de forêt et les glissements de terrain ?
    • Encouragent-ils la réutilisation des matériaux et limitent-ils les déchets et les substances toxiques ?
    • Reconnaissent-ils les conséquences négatives potentielles des réglementations environnementales et des modèles d'aménagement du territoire axés sur l'écologie sur l'accessibilité au logement ? Par exemple, préservent-ils les espaces verts à accès limité (comme les terrains de golf) au détriment des personnes ayant besoin d'un logement ?