Appel aux provinces pour la création d'un groupe de travail « Mieux vaut tard que jamais »
Pour faire face à la pression croissante du vieillissement de la population sur les soins médicaux et les budgets provinciaux, les provinces devraient prendre l'initiative de créer un groupe de travail « Mieux vaut tard que jamais » – axé sur la résolution des problèmes de financement laissés sans réponse depuis des décennies.
Ce groupe de travail doit concevoir un plan qui protège l'accès universel, préserve la dignité des personnes âgées et rétablisse notre capacité à investir là où commence la santé – sans faire peser davantage de coûts sur les jeunes générations, qui contribuent déjà davantage aux soins des aînés que les générations précédentes au même âge.
Un plan de financement équitable doit aller au-delà du diagnostic simpliste d'un «pénurie de médecins».
Le Canada compte près de trois fois plus de médecins qu'il y a 1970. Cette augmentation de 195 % dépasse largement la croissance démographique (76 %) et la hausse de la demande liée au vieillissement de la population (135 %). Le défi ne se limite donc pas à l'offre de main-d'œuvre.
Pour parvenir aux réformes structurelles dont le Canada a réellement besoin, il faut s'attaquer aux calculs démographiques sous-jacents qui alimentent les pressions actuelles sur les coûts.
Les retraités d'aujourd'hui ont travaillé dur et payé des impôts, mais le système ne leur a pas demandé de cotiser suffisamment durant leur vie active pour couvrir intégralement le coût des soins dont ils ont désormais besoin. À mesure que la part des personnes âgées augmente, ce manque devient de plus en plus flagrant.
Pour y mettre un terme, il faudra répondre à des questions difficiles :
- Comment moderniser les systèmes de revenus pour tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie ?
- Comment les contributions peuvent-elles mieux correspondre au coût des soins tout au long de la vie ?
- Qui peut contribuer le plus en ce moment ?
Il ne s'agit pas de blâmer, mais de responsabilité.
Sans plan, la hausse des coûts continuera de peser sur l'accès aux soins, de mettre en péril la couverture universelle et d'imposer des choix difficiles aux jeunes générations. Un plan nous offre la possibilité de préserver les soins médicaux tout en renforçant les systèmes de santé dans leur ensemble.