Pourquoi avons-nous rédigé ce rapport ?

Les soins médicaux représentent le poste de dépense le plus important dans tous les budgets provinciaux, et pourtant le système est mis à rude épreuve par des pressions que les gouvernements auraient dû anticiper.

Avec le vieillissement et l'allongement de l'espérance de vie des baby-boomers, le coût des soins aux aînés canadiens a fortement augmenté, sans que les systèmes de revenus provinciaux ne suivent la même tendance. Ce décalage creuse les déficits provinciaux et réduit les investissements essentiels aux jeunes Canadiens, notamment dans le logement et l'éducation.

Malgré l’ampleur de ces pressions, les répercussions budgétaires du vieillissement de la population sont rarement abordées ouvertement ni quantifiées avec précision. Notre rapport rassemble les données probantes afin que les Canadiens comprennent les enjeux et les mesures nécessaires pour préserver l’accès universel aux soins de santé pour toutes les générations.

Points clés à retenir

1. Le vieillissement de la population est désormais le principal facteur qui influence les budgets médicaux provinciaux.

Les besoins médicaux augmentent fortement avec l'âge – passant d'environ 3 000 $ par année jusqu'à 50 ans à près de 37 000 $ à 90 ans. À mesure que de plus en plus de Canadiens vieillissent, les dépenses médicales totales augmentent beaucoup plus rapidement que la croissance démographique globale.

2. Notre nouveau Équivalent à moins de 50 ans Cet indicateur révèle le véritable impact financier du vieillissement

Cela montre que le doublement de la part des 65 ans et plus dans la population ajoute équivalent Des millions de nouveaux patients – bien au-delà d'un simple calcul de la croissance démographique. L'augmentation de la demande médicale liée au vieillissement de la population est suffisamment importante pour transformer des excédents budgétaires en déficits persistants.

3. Le nombre de contributeurs n'a pas suivi le rythme.

Au milieu des années 1970, près de 7 contribuables en âge de travailler finançaient chaque retraité ; aujourd'hui, ce chiffre est plus proche de 3. Même une forte immigration ne peut compenser entièrement ce changement. Institut CD Howe On estime que le vieillissement de la population entraînera une hausse de 2 000 milliards de dollars des coûts médicaux d’ici le milieu du siècle et que des augmentations d’impôt provinciales de 16 à 69 % seraient nécessaires pour maintenir les engagements actuels. Notre analyse montre que les jeunes résidents contribuent déjà à combler le déficit, en versant de 20 à 40 % de plus de leurs impôts aux soins des aînés que ne le faisaient les retraités d’aujourd’hui au même âge.

4. Des décennies de mauvaise planification pénalisent aujourd'hui autant les personnes âgées que les jeunes générations.

Le problème n’est pas le besoin accru de soins lié à l’âge. Il réside plutôt dans le fait que les provinces n’ont pas modernisé leurs systèmes de revenus pour tenir compte de l’évolution démographique prévisible – contrairement à Ottawa, qui a augmenté les cotisations au Régime de pensions du Canada de 68 % dans les années 1990 afin de garantir un revenu de retraite aux baby-boomers.

5. Cette tension se répercute sur d'autres priorités.

Chaque dollar aujourd'hui détourné pour couvrir des décennies de négligence en matière de planification du vieillissement de la population est un dollar qui ne peut être consacré au logement, à l'éducation, à la garde d'enfants ou au soutien du revenu – soit précisément les domaines qui permettent de maintenir les gens en bonne santé et d'alléger la pression qui pèse sur les jeunes Canadiens.

Recommandation

Le Canada doit moderniser le financement des soins de santé. Nos gouvernements doivent allier des mesures d’efficacité judicieuses à un plan réaliste et intergénérationnel pour financer la hausse des coûts des soins pour les aînés canadiens.

Un groupe de travail fédéral-provincial-territorial « Mieux vaut tard que jamais » peut concevoir des systèmes de revenus qui :

  • Préserver l'accès universel
  • Préserver la dignité des personnes âgées
  • Stabiliser les finances provinciales
  • Préserver les capacités d'investissement pour promouvoir la santé, et non seulement traiter la maladie
  • Alléger le fardeau des jeunes générations.

Sans intervention, le Canada risque de se diriger vers des déficits plus importants, des listes d'attente plus longues, des soins privatisés et des progrès plus lents en matière d'accessibilité financière, de logement et de pressions climatiques.

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