Generation Squeeze s'est attelé à l'analyse des dernières données sur les prix de l'immobilier au Canada, en s'appuyant sur travail passé mettre en évidence le décalage entre la valeur des logements et les revenus du travail rémunéré.
Attention, divulgation ! Ce que nous avons découvert n’est pas réjouissant. Nous avons commencé par l’Ontario, afin de fournir aux électeurs de cette province les informations les plus récentes sur le logement avant les élections provinciales de juin.
Lire le rapport complet de l'Ontario [pdf]
L'Ontario vient de subir la pire érosion de l'accessibilité au logement de ces cinquante dernières années.
Depuis 2018, la valeur moyenne des maisons en Ontario a augmenté de près de 265 000 $, soit 44 %. C’est une hausse plus importante que dans toute autre province.
Le système de logement de l'Ontario n'a jamais été aussi peu efficace pour protéger l’abordabilité.
Un jeune Ontarien moyen doit désormais travailler 22 ans pour constituer une mise de fonds pour l'achat d'une maison moyenne – soit six ans de plus depuis le début de la pandémie. Pour combler l'écart entre les prix et les revenus, la valeur moyenne des maisons devrait chuter de 530 000 $ (plus de 60 %), ou le revenu moyen devrait augmenter de 150 % pour atteindre 137 000 $ par année. Sans surprise, le nombre de jeunes propriétaires a diminué de 20 %… et leur seule consolation, face à l'impossibilité d'accéder à la propriété, est la hausse des loyers.
Le système de logement de l'Ontario n'a jamais aussi bien fonctionné pour créer de la richesse pour les propriétaires.
La hausse des prix de l'immobilier génère d'importantes plus-values pour les propriétaires, notamment les Ontariens plus âgés qui ont investi dans l'immobilier il y a plusieurs années. Sur le billion de dollars de richesse supplémentaire accumulée grâce au logement depuis 1977, les personnes de plus de 55 ans en ont reçu 68 %, contre seulement 11 % pour celles de moins de 45 ans.
Oui… il existe des solutions !
Résoudre la crise du logement ne se résume pas à construire davantage de logements, aussi agréable et propre que cela puisse paraître. Mais il existe des mesures concrètes que nous pouvons tous demander à nos dirigeants de prendre :
- Il est essentiel de s'engager à rétablir l'accessibilité au logement pour tous en stabilisant (voire en faisant baisser) les prix des maisons afin que les revenus puissent suivre la même tendance. Cet objectif est réalisable : un récent sondage révèle que 66 % des Ontariens y sont favorables.
- Réduisons les avantages fiscaux liés à la propriété immobilière. Les plus-values immobilières réalisées pendant que les propriétaires dorment et regardent la télévision ne devraient pas être moins imposées que le travail acharné des Ontariens. Notre système fiscal ne devrait plus privilégier les propriétaires au détriment des locataires.
- Il faut corriger la mauvaise mesure de l'inflation des prix de l'immobilier. De bonnes décisions reposent sur de bonnes données, et Statistique Canada ne les fournit pas actuellement. Nous avons besoin d'une mesure de l'inflation qui tienne mieux compte des prix des logements, afin que les hausses rapides des dernières décennies éclairent plus efficacement les décisions de politique économique.
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