Élections en Ontario 2025 : Enseignement postsecondaire
Sur cette page:
- Points clés pour les urnes
- Point de départ : ce que vous devez savoir sur les études postsecondaires en Ontario en ce moment
- Quelles sont les propositions des partis pour améliorer l'enseignement postsecondaire ?
Points clés pour les urnes
L’Ontario a beaucoup de retard à rattraper en matière d’enseignement postsecondaire. Les électeurs devraient s’inquiéter de la situation de leur province. sous-investissement dans l'enseignement postsecondaire, à une époque où la préparation à une économie fondée sur le savoir est une priorité absolue.
Avec seulement 1 000 $ investis par personne de moins de 45 ans, l’Ontario consacre environ la moitié des investissements de la Colombie-Britannique et de l’Alberta à l’enseignement postsecondaire par habitant. Ce constat est alarmant, d’autant plus que les étudiants et les établissements d’enseignement postsecondaire de ces provinces et territoires mieux financés sont confrontés aux mêmes pressions sur le coût de la vie qu’en Ontario.
*METTRE À JOUR* Les chefs des partis libéral, néo-démocrate et vert de l'Ontario ont dénoncé le faible niveau d'investissement de la province dans l'enseignement postsecondaire comparativement aux autres provinces. Débat du 17 févrierC'est certes un début… mais il est d'autant plus surprenant qu'aucun de ces partis n'ait l'intention de remédier au problème (et les progressistes-conservateurs au pouvoir ne font pas exception). Cela s'est confirmé lorsque les libéraux et le NPD ont présenté, le 21 février, des estimations de coûts pour leurs promesses électorales, rejoignant ainsi les Verts qui avaient fourni des estimations bien plus tôt dans la campagne.
En fin de compte, le constat reste le même : aucun parti n'est suffisamment ambitieux dans ses plans d'investissement dans l'enseignement postsecondaire.Tous acceptent que l'Ontario continue d'être largement à la traîne par rapport aux autres provinces anglophones et peuplées du Canada. Le NPD réduirait l'écart avec la Colombie-Britannique et l'Ontario de 25 % ; les libéraux et les verts, de 10 %. On ignore encore si les conservateurs ont l'intention de réduire cet écart.
Maintenir le financement des études postsecondaires en Ontario à un niveau nettement inférieur à celui de la Colombie-Britannique et du reste de l'Ontario n'aidera pas les jeunes Ontariens à progresser financièrement, surtout en cette période de hausse du coût de la vie et du prix des logements. Cela ne leur permettra pas non plus de se préparer au mieux aux emplois d'une économie du savoir.
Point de départ : ce que vous devez savoir sur les études postsecondaires en Ontario en ce moment
Comme la plupart des partis ontariens n'ont pas élaboré de programmes détaillés et chiffrés, nous devons nous fier au budget de l'Ontario de 2024 pour comprendre les promesses des quatre principaux partis en lice.
L'Ontario n'investit qu'environ 1000 $ par personne de moins de 45 ans dans l'enseignement postsecondaire.
Le budget de l'Ontario pour 2024 a réduit le financement de l'enseignement postsecondaire de 400 millions de dollars, ramenant l'investissement annuel à 12.2 milliards de dollars. On prévoit qu'il n'atteindra 13 milliards de dollars que d'ici 2026.
Remarques sur notre méthodologie : Nous sommes guidés par notre méthode évaluée par les pairs pour la répartition des dépenses sociales par âge ainsi que pour les projections démographiques pour 2026. Nous estimons qu'environ 10 milliards de dollars du financement de l'enseignement postsecondaire de l'Ontario sont utilisés par les quelque 10 millions d'Ontariens de moins de 45 ans. Cela représente un investissement d'environ 1 000 dollars par personne de moins de 45 ans. Gen Squeeze considère les « jeunes » canadiens comme étant âgés de « moins de 45 ans » dans ses analyses par habitant. Nous savons que les moins de 18 ans ne fréquentent généralement pas l'université ou le cégep. Nous présentons simplement des chiffres par habitant pour les moins de 45 ans afin de permettre une comparaison équitable des dépenses dans les différentes provinces.
Les dépenses postsecondaires par étudiant en Ontario représentent à peine la moitié de celles de la Colombie-Britannique et de l'Alberta.

En Colombie-Britannique, le gouvernement provincial dépensera 10.2 milliards de dollars en enseignement postsecondaire, dont environ 7.9 milliards seront destinés aux 3.4 millions de résidents de moins de 45 ans. Cela représente environ 2 100 dollars par jeune.
L’Alberta prévoit un budget de 8 milliards de dollars pour l’enseignement postsecondaire en 2026. Environ 5.9 milliards de dollars de ce financement seront utilisés par les 3.1 millions de résidents de moins de 45 ans. Cela signifie que l’Alberta dépense environ 1 900 $ par résident de moins de 45 ans pour l’enseignement postsecondaire.
Il est important d'examiner les dépenses par habitant, car une comparaison des frais de scolarité à travers le Canada ne révèle pas dans quelle mesure l'enseignement postsecondaire est sous-financé en Ontario.
Statistique Canada Les données montrent que les frais de scolarité moyens de premier cycle en Ontario s'élevaient à 8 514 $ en 2024, comparativement à 6 607 $ en Colombie-Britannique et à 7 734 $ en Alberta. De ce point de vue, l'Ontario ne semble pas si loin derrière. Toutefois, le déficit de financement par étudiant a un impact plus systémique sur l'enseignement postsecondaire en Ontario, car il réduit les investissements dans les collèges et les universités, ainsi que l'aide financière directe offerte aux étudiants pendant leurs études (alors qu'ils doivent composer avec des loyers élevés et en constante augmentation et qu'ils ne peuvent pas travailler à temps plein).
L'Ontario prévoit actuellement de continuer à sous-investir dans l'enseignement postsecondaire par rapport aux autres provinces.
Un examen des tendances historiques en matière de financement révèle ce qui a conduit à la situation actuelle.
Doug Ford est devenu premier ministre de l'Ontario en 2018. L'année précédant son entrée en fonction, le financement de l'enseignement postsecondaire en Ontario s'élevait à 11.2 milliards de dollars. Durant son mandat, le plan financier du premier ministre Ford prévoit une augmentation des dépenses totales de 1.8 milliard de dollars d'ici 2026 (pour atteindre le montant de 13 milliards de dollars mentionné précédemment).
Au cours de la même période, le gouvernement de la Colombie-Britannique augmentera ses dépenses annuelles en enseignement postsecondaire de plus de 4 milliards de dollars, pour une population trois fois moins importante que celle de l'Ontario. L'Alberta, quant à elle, augmentera ses dépenses annuelles d'au moins 2.5 milliards de dollars, pour une population qui représente 30 % de celle de l'Ontario.
Quelles sont les propositions des partis pour améliorer l'enseignement postsecondaire ?
Cette analyse est à jour au 21 février. Nous la mettrons à jour à mesure que la date des élections approchera et nous invitons les partis à nous contacter pour attirer notre attention sur leurs annonces politiques.

Conservateurs progressistes : Le parti n'a formulé aucune promesse électorale spécifique concernant l'enseignement postsecondaire.

Légumes verts: Le programme du parti (p. 49) promet de « combler les lacunes de l’enseignement postsecondaire » en :
- Convertir les prêts du Programme d’aide financière aux étudiants de l’Ontario (PAEO) en bourses pour les étudiants à faible et moyen revenu et éliminer les intérêts sur la dette étudiante. (Cette mesure ressemble beaucoup aux promesses des libéraux et du NPD, ce qui explique le faible écart entre les trois partis sur ce point).
- Rétablir le financement des universités en fonction des effectifs et non des résultats.
- Augmenter immédiatement de 20 % le financement par étudiant et ajuster cette promesse en fonction de l'inflation dans les années à venir.
- Garantir des normes de travail cohérentes et équitables pour les enseignants des établissements postsecondaires, y compris l'équité salariale.
- Moderniser les modèles de financement de l'enseignement postsecondaire afin d'inciter les jeunes à s'inscrire à temps partiel, de les aider à gérer le coût élevé de la vie et de soutenir la formation continue tout au long de leur carrière.
Le Parti vert estime que ces changements coûteraient environ un milliard de dollars de plus par année. En reprenant nos analyses de dépenses par habitant mentionnées précédemment en tenant compte de cette augmentation projetée, nous constatons que les dépenses passeraient d'environ 1 000 $ par personne de moins de 45 ans à environ 1 100 $. Ce niveau d'investissement demeurerait toutefois bien inférieur aux investissements par habitant en Colombie-Britannique et en Alberta, qui avoisinent les 2 000 $.

Libéraux : L’enseignement postsecondaire est un axe majeur de la campagne du Parti libéral de l’Ontario – un pilier essentiel de son programme. « Un nouveau pacte pour les jeunes en Ontario »Nous adorons cette formulation, d'ailleurs, car Gen Squeeze réclame depuis longtemps un accord pour une meilleure génération afin de remédier à la façon dont les politiques publiques ont longtemps été défavorables aux moins de 45 ans.
Le parti promet de :
- Supprimer les intérêts sur les prêts OSAP et relever à 50 000 $ le seuil de revenu au-delà duquel les étudiants sont tenus de rembourser le prêt.
- Création de 40 000 nouveaux postes rémunérés en alternance, en stage et en apprentissage grâce à des subventions versées aux employeurs sous forme de crédits d'impôt, dans le cadre de l'engagement du parti à réduire le chômage chez les jeunes adultes.
- Plafonner à 10 % le nombre d'étudiants internationaux et ajuster le financement des établissements d'enseignement postsecondaire en conséquence.
Le 21 février, les libéraux ont publié une estimation sommaire de leur programme. Celle-ci indique que le parti augmentera les dépenses en éducation primaire et secondaire de 1.9 milliard de dollars par année. Le parti ne précise pas quelle part de ce financement sera allouée à l'enseignement postsecondaire. À des fins de comparaison avec les autres partis, nous supposons que la moitié des dépenses en éducation, soit 950 millions de dollars, sera consacrée à l'enseignement postsecondaire. Ce montant est presque identique à la proposition du Parti vert. Par conséquent, les libéraux ne combleront vraisemblablement que 10 % de l'écart de financement de l'enseignement postsecondaire entre l'Ontario, d'une part, et la Colombie-Britannique et l'Alberta, d'autre part.

NPD : Le NPD a publié de plus amples renseignements sur son programme le 21 février, notamment concernant l'enseignement postsecondaire. Il promet d'augmenter le financement par étudiant de 20 %, d'éliminer les intérêts sur les prêts étudiants existants (à l'instar des libéraux et des verts) et de convertir ces prêts en bourses afin d'offrir une aide financière non remboursable.
À l’instar des libéraux, le NPD ne prévoit pas de financement spécifique pour l’enseignement postsecondaire dans ses projections budgétaires. Il fournit toutefois une estimation combinée indiquant qu’il prévoit d’investir 5.3 milliards de dollars dans l’enseignement postsecondaire et primaire d’ici 2027. Il s’agit de la deuxième plus importante augmentation du programme du NPD, après la proposition de doubler le budget du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées. Si l’on suppose que la moitié du financement de l’éducation est allouée à l’enseignement postsecondaire, il semble que le NPD investira considérablement plus dans ce domaine que les autres provinces : environ 2.65 milliards de dollars.
Cela suffirait à combler environ le quart de l'écart entre le financement par habitant des études postsecondaires en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta.