Élections en Ontario 2025 : Soins médicaux
Sur cette page:
- Points clés pour les urnes
- Point de départ : comment l’Ontario investit-il dans la santé actuellement ?
- Que proposent les partis pour améliorer la santé et le bien-être ?
Points clés pour les urnes
Tous les partis en lice pour diriger l'Ontario s'engagent à investir davantage dans les soins de santé, principalement en intensifiant leurs efforts de recrutement de professionnels de la santé dans la province. Seuls les Verts de l'Ontario complètent cet engagement en reconnaissant que les investissements dans les services sociaux, l'éducation et la protection de l'environnement sont également essentiels pour instaurer et maintenir une bonne santé.
Il est vrai que trop d'Ontariens n'ont pas un accès adéquat aux soins de première ligne. Il s'agit d'un problème urgent qu'il faut régler. Toutefois, un véritable engagement à trouver des solutions implique d'aller au-delà du simple recrutement de médecins, car les données montrent que l'Ontario compte déjà plus de médecins par rapport à sa population.
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Médecins pour 100 000 habitants en Ontario résidents |
Médecins de famille pour 100 000 résidents de l'Ontario |
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1976 |
2015 |
2022 |
1976 |
2015 |
2022 |
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Ontario |
152 |
222 |
234 |
80 |
110 |
115 |
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Canada |
144 |
230 |
247 |
73 |
116 |
124 |
Source : ICIS, Offre, répartition et migration des médecins au Canada, 2022 — Données historiques
Les sciences de la santé démontrent depuis longtemps que la santé ne se limite pas aux soins médicaux ; elle prend racine dans les conditions où nous naissons, grandissons, vivons, travaillons et vieillissons. C’est pourquoi les cliniques et les hôpitaux devraient être le dernier recours, et non le premier, de notre système de santé. Les premiers pas vers une bonne santé se trouvent dans nos quartiers, au travail, dans les structures d’accueil de la petite enfance et à l’école – une réalité que la pandémie a cruellement mise en lumière.
La décision la plus importante que tout gouvernement aura à prendre concernant notre santé est celle de la part du budget à investir dans les fondements d'une société saine. Lorsque cette part est insuffisante pour les soins médicaux, nous sommes plus susceptibles de tomber malades ou de nous blesser. En Ontario, les partis n'arrivent pas à s'entendre sur la répartition adéquate des dépenses provinciales.
Point de départ : comment l’Ontario investit-il dans la santé actuellement ?
Il est clairement démontré que les gouvernements sont plus susceptibles d'améliorer l'espérance de vie et de réduire la mortalité et les maladies évitables lorsque leurs budgets augmentent en accordant une priorité plus urgente aux dépenses consacrées aux programmes et prestations sociales qu'aux services de soins médicaux.
Il fut un temps où les budgets de l'Ontario étaient régulièrement alignés sur les données scientifiques en matière de santé. Le tableau ci-dessous présente le ratio des dépenses sociales et d'éducation par rapport aux dépenses médicales pour 1976 (alors que les provinces canadiennes s'étaient lancées depuis une dizaine d'années dans la mise en place de leur système de santé) et pour 2019 (dernière année avant la pandémie de COVID-19). Un ratio supérieur à un indique que les dépenses sociales et d'éducation étaient plus importantes que les dépenses médicales cette année-là. Un ratio inférieur à un indique le contraire.
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1976 XNUMX-ish |
2019 |
Changer |
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Ontario |
1.16 |
0.95 |
- 0.21 |
|
BC |
1.22 |
0.69 |
- 0.53 |
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Alberta |
1.36 |
0.74 |
- 0.61 |
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Québec |
1.53 |
0.78 |
- 0.74 |
Source : Calculs de Gen Squeeze basés sur les données des comptes publics compilées par Ron Kneebone et Margarita Wilkins de l'École de politiques publiques de l'Université de Calgary
Vers 1976, les provinces consacraient généralement davantage de ressources aux investissements sociaux et à l'éducation qu'aux soins de santé. En 2019, la situation était devenue l'inverse. L'Ontario affichait le ratio dépenses sociales/dépenses municipales le plus élevé parmi les provinces les plus peuplées, et pourtant, en 2019, ses dépenses annuelles en matière sociale et d'éducation ont augmenté d'environ 13 milliards de dollars et de 30.4 milliards de dollars respectivement. En revanche, les soins de santé ont bénéficié d'une augmentation de 49.2 milliards de dollars par année.
Cela ne signifie pas nécessairement que les dépenses sociales et d'éducation ont été réduites. L'Ontario n'a plutôt pas investi dans ces programmes avec la même urgence que dans les soins médicaux. C'est une tendance que l'Ontario (et les autres provinces) doivent inverser pour améliorer la santé de leur population.
Que proposent les partis pour améliorer la santé et le bien-être ?
Le recrutement de davantage de médecins et d'autres professionnels de la santé est une priorité absolue pour toutes les parties concernées.
Le Parti progressiste-conservateur (PC) continue d'investir dans la formation médicale et le perfectionnement du personnel, et s'engage à poursuivre ses efforts pour assurer l'accès aux soins primaires à tous les Ontariens. Il réaffirme également ses efforts pour attirer du personnel médical d'autres provinces et territoires en réduisant les obstacles réglementaires – une approche différente du soutien à « Équipe Canada ». Le coût total de ces initiatives n'est pas clairement établi. Seuls des investissements relativement modestes et ponctuels sont mentionnés dans le programme.
Les libéraux proposent la création de 3 100 médecins de famille supplémentaires d’ici 2029. Ils promettent également d’accueillir en Ontario 1 200 médecins formés à l’étranger – on ignore toutefois si ce nombre est inclus dans les 3 100 médecins initialement prévus. Ensemble, ces efforts de recrutement, combinés à d’autres promesses en matière de santé, engendreront des dépenses supplémentaires colossales d’environ 29 milliards de dollars sur quatre ans.
Le NPD promet d'embaucher 3 3,500 médecins supplémentaires, ainsi que davantage d'infirmières praticiennes spécialisées, de personnel de soutien et de médecins du Nord. Au cours des trois prochaines années, le NPD investira 10.5 milliards de dollars de plus dans le système de santé ontarien.
Les Verts de l'Ontario visent également à recruter 3 500 médecins afin que tous les Ontariens aient accès à un médecin d'ici trois à quatre ans. Cet engagement coûtera un peu moins de 3 milliards de dollars sur quatre ans. Parmi les autres priorités des Verts figurent l'amélioration de la formation et de l'enseignement, ainsi que l'attraction de professionnels de la santé internationaux. Le total des investissements des Verts dans les soins de santé entre 2025 et 2029 s'élève à 6.9 milliards de dollars (hors santé mentale).
Le parti vert se distingue notamment par la reconnaissance du rôle de «déterminants sociaux et environnementaux de la santé« (p. 40) dans la prévention des maladies. La plateforme affirme que la santé ne commence pas par les soins médicaux. Au contraire :
« Les meilleurs soins sont ceux qui vous évitent d’avoir à vous rendre aux urgences. C’est pourquoi nous privilégions une approche préventive en matière de santé : notre vision est de tenter de résoudre les problèmes avant même qu’ils ne surviennent. Cela signifie aider les gens à avoir accès à une alimentation saine et à un logement décent, et préserver la pureté de notre air et de notre eau. » (p. 40)
L’approche verte comprend des investissements visant à lutter contre l’isolement social, la précarité du logement et la pauvreté, ainsi qu’à soutenir les efforts déployés pour garantir aux communautés l’accès à l’air et à l’eau propres, et à une alimentation locale saine dans toutes les communautés.