L'Île-du-Prince-Édouard peut inciter les premiers ministres provinciaux à régler le problème structurel à l'origine de chaque déficit provincial.

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Rob Lantz, est particulièrement bien placé pour diriger les premiers ministres canadiens dans la résolution du problème structurel qui est au cœur de chaque budget provincial.

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Génération Squeeze
/le 23 avril 2026

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Rob Lantz, est particulièrement bien placé pour diriger les premiers ministres canadiens dans la résolution du problème structurel qui est au cœur de chaque budget provincial.

Après avoir présenté un déficit record de 410 millions de dollars, Lantz s'est exprimé avec franchise à l'émission Power & Politics le 21 avril 2026, reconnaissant que sa province – et toutes les provinces – sont confrontées à un défi budgétaire « structurel » commun. En tant que président du Conseil de la fédération, il dispose désormais d'une occasion unique : transformer cet aveu en une action nationale concertée.

Le principal problème structurel est évident : les provinces n'ont pas su anticiper les coûts prévisibles du vieillissement de la population.

Si l’Île-du-Prince-Édouard avait aujourd’hui la même structure par âge que lorsque les baby-boomers étaient jeunes, la province dépenserait 23 % de moins en soins médicaux, soit environ 325 millions de dollars de moins par année, sans modifier le reste de son budget. Ces économies permettraient à elles seules d’éliminer près de 80 % du déficit de l’Île-du-Prince-Édouard dans le budget de 2026.

La raison est simple. En 1976, seulement 11 % de la population de l’Île-du-Prince-Édouard était âgée de 65 ans et plus. Aujourd’hui, cette proportion a presque doublé pour atteindre 21 %.

Ce changement – ​​et la pression qu’il exercerait sur le système de santé – était parfaitement prévisible. Les données de l’ Institut canadien d’information sur la santé montrent que les Canadiens de plus de 65 ans ont recours aux soins médicaux environ quatre fois plus souvent que ceux de moins de 50 ans. À mesure que leur part dans la population augmente, les coûts pour le système de santé public augmentent également.

Ottawa s’est préparée à cette situation en renforçant le Régime de pensions du Canada à la fin des années 1990, en augmentant les cotisations de 68 % afin de préfinancer les prestations de retraite. Les provinces n’ont pas fait de même pour les soins de santé. Au contraire, elles ont laissé les coûts augmenter et ont eu de plus en plus recours aux déficits, à l’endettement croissant et à des arbitrages difficiles dans d’autres secteurs de leur budget.

Ces compromis sont désormais indéniables dans le dernier plan financier de l'Île-du-Prince-Édouard.

Les dépenses de santé augmentent de 175 millions de dollars en une seule année. De cette hausse, 105 millions de dollars (60 %) seront utilisés par les 21 % d'habitants de l'île âgés de 65 ans et plus.

En comparaison, les investissements dans les jeunes générations sont beaucoup plus limités.

  • Les dépenses consacrées à l'éducation de la maternelle à la terminale et au développement de la petite enfance augmentent d'un peu moins de 40 millions de dollars au total.
  • Le financement de l'enseignement postsecondaire augmente de moins de 5 millions de dollars.
  • Les programmes sociaux augmentent de 15 millions de dollars, auxquels s'ajoutent 5 millions de dollars pour les services à l'enfance et à la famille.
  • Les dépenses de logement sont légèrement réduites.

Parallèlement, le coût du service de la dette publique augmente de 269 millions de dollars.

Voilà ce qui arrive lorsque les gouvernements ne se préparent pas aux évolutions démographiques prévisibles. La hausse des coûts de la santé absorbe les investissements essentiels au bien-être : l’éducation, le logement et le soutien aux familles. Lorsque les recettes sont insuffisantes, les déficits se creusent et c’est aux jeunes générations et aux générations futures que revient la facture.

Ces budgets ne sont pas neutres. Ils sont hostiles aux enfants, aux parents et aux jeunes travailleurs.

Il est important de le souligner : l’allongement de l’espérance de vie est une bonne chose. Le problème n’est pas que les insulaires âgés aient besoin de plus de soins, mais plutôt que les gouvernements n’aient pas su, il y a des décennies, se préparer à ce que ces coûts soient équitablement répartis entre les générations. Résultat : la génération Y paie déjà de 20 à 40 % de plus d’impôt sur le revenu pour financer les soins de santé des retraités que les baby-boomers n’en payaient au même âge.

Le Premier ministre Lantz a déjà franchi une première étape importante en nommant le défi structurel. La prochaine étape consiste à prendre les rênes.

En tant que président du Conseil de la fédération, il peut réunir les premiers ministres provinciaux afin d'élaborer un plan de revenus adapté aux coûts prévisibles du vieillissement. Un point de départ concret serait la création d'un groupe de travail « Mieux vaut tard que jamais » réunissant des experts financiers, des responsables de la santé et des citoyens pour répondre à une question que les provinces ont trop longtemps éludée : comment financer les soins médicaux dont les baby-boomers auraient toujours eu besoin, tout en préservant un niveau d'investissement adéquat pour les jeunes et la cote de crédit de la province ?

Sans ce leadership, les provinces resteront piégées, traitant les symptômes tandis que le mal financier sous-jacent s'aggrave, et continuant de faire peser le coût de l'inaction sur les jeunes Canadiens.

 

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