Recommandations pour le budget fédéral de 2024

Le budget 2024 est l’occasion de continuer à améliorer la santé et le bien-être de toutes les générations, dès la petite enfance. Le plan « Génération sous pression » recommande quatre actions prioritaires pour remédier à la crise de notre système de santé, à la crise d’accessibilité financière et à la crise climatique, alors même que notre population continue de vieillir et que la proportion de résidents en âge de travailler diminue.

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Génération Squeeze
/06 septembre

Generation Squeeze recommande que :

  1. Le gouvernement a placé l'équité intergénérationnelle au cœur de ses décisions politiques et budgétaires en créant un Groupe de travail sur l'équité intergénérationnelle.
  2. politique de logement du gouvernement Elle repose sur le principe que le rétablissement de l'accessibilité au logement pour tous nécessite une stabilisation des prix de l'immobilier, afin que les revenus puissent suivre la hausse — car un logement devrait être accessible à ceux que permet un travail acharné.
  3. Le gouvernement renforce la responsabilité de investir dans le bien-être dès les premières années en adoptant quatre indicateurs fondés sur des données probantes :
    • Le ratio entre les dépenses consacrées aux principaux investissements sociaux et les dépenses consacrées aux soins médicaux
    • Analyse de la répartition des dépenses publiques par âge
    • Une mesure de l'inflation qui tienne compte de manière adéquate de la hausse des prix des logements – un élément qui n'est pas pris en compte dans les données actuelles, ce qui envoie de mauvais signaux à la Banque du Canada et aux autres décideurs économiques.
    • Renforcer la responsabilité en matière de réalisation des objectifs climatiques (réduction des émissions, captage du carbone et adaptation) en élargissant le mandat et l'autorité de l'Organe consultatif sur la neutralité carbone
  4. Le gouvernement s'efforce de garantir un niveau adéquat investissement dans la garde d'enfants à 10 $ par jour fixer le tarif maximal à 10 $ (sans frais pour les familles à faible revenu) tout en garantissant des salaires professionnels équitables aux éducateurs de la petite enfance afin d'attirer et de retenir ces travailleurs essentiels.
  5. Le gouvernement devrait protéger le système de sécurité sociale des personnes âgées du Canada des pressions fiscales résultant des changements démographiques en réaffectant 6.4 milliards de dollars provenant de deux crédits d'impôt inefficaces qui offrent des économies d'impôt aux personnes âgées à revenus plus élevés.

Budget 2024 : une opportunité de promouvoir l’équité intergénérationnelle

Le Canada a pris des mesures importantes pour promouvoir l'équité intergénérationnelle en s'engageant à offrir des services de garde d'enfants à 10 $ par jour, en instaurant une taxe croissante sur la pollution et en proposant de nouvelles mesures pour lutter contre l'inabordabilité du logement. a été là pour aider à créer ces victoires politiques.

Le budget 2024 offre l'opportunité de poursuivre l'amélioration de la santé et du bien-être de toutes les générations, dès la petite enfance. Les recommandations de Generation Squeeze concernant les actions prioritaires pour atteindre cet objectif sont résumées ci-dessous. Certaines exigent un leadership fort. D'autres soulignent les mesures nécessaires pour renforcer la transparence et garantir l'accès à l'information adéquate pour éclairer les décisions politiques. Toutes ces mesures sont urgentes, car nous devons faire face à la crise de notre système de santé, à la crise d'accessibilité financière et à la crise climatique, alors même que notre population continue de vieillir et que la proportion de résidents en âge de travailler diminue.

Generation Squeeze analysera le budget 2024 et ses impacts par tranche d'âge, et diffusera les résultats auprès de son réseau de plus de 42 000 personnes. Nous sommes ouverts à toute opportunité de discuter de nos recommandations plus en détail, et de collaborer avec le gouvernement pour que le Canada fonctionne pour toutes les générations.

1. Placer l'équité intergénérationnelle au cœur des décisions politiques et budgétaires en créant un Groupe de travail sur l'équité intergénérationnelle

Injustice générationnelle Le manque d’équité intergénérationnelle est à l’origine de certains des plus grands problèmes du Canada : le logement inabordable, le coût élevé de la vie familiale, la détérioration du climat, les disparités générationnelles dans les dépenses et la dette publiques, et l’augmentation des investissements dans les soins de santé qui n’améliorent pas la santé des Canadiens. Un ministre chargé de traiter de cette question, accompagné d’un commissaire (ou d’un responsable similaire) chargé de la surveiller et d’en faire rapport, contribuera à garantir que les politiques et les budgets respectent le principe d’équité et de solidarité intergénérationnelles.

De nombreuses autres juridictions ont déjà reconnu la nécessité de prendre en compte l'équité intergénérationnelle dans les décisions gouvernementales (Wales, Écosse, Royaume-Uni, Australie, Hongrie, UAE). Il est temps pour le Canada de rattraper son retard. En tant que membre de la Réseau d'institutions pour les générations futures Par l’intermédiaire du Commissaire à l’environnement et au développement durable, ce pays dispose d’une base solide sur laquelle bâtir.

S’assurer que l’engagement du Canada à assurer l’équité intergénérationnelle soit clairement affirmé au niveau fédéral contribuera à ancrer la vision à long terme nécessaire pour s’attaquer à des problèmes comme les changements climatiques, le logement inabordable et l’endettement croissant – autant de fléaux qui touchent de façon disproportionnée les jeunes générations et les générations futures. Il est beaucoup plus probable que le bien-être des jeunes Canadiens soit traité avec autant d’urgence que celui des autres groupes d’âge si un groupe de travail est chargé de l’équité intergénérationnelle dans l’élaboration du budget.

2. Fonder la politique du logement sur le principe selon lequel le rétablissement de l'accessibilité au logement pour tous nécessite une stagnation des prix de l'immobilier, afin que les revenus puissent rattraper leur retard.

Nous ne pouvons plus tolérer le écart entre les prix des logements et les revenus locaux Face à cette croissance continue, la politique fédérale du logement doit être réajustée afin de stabiliser les prix et permettre ainsi aux revenus de rattraper leur retard.

Bien que la hausse des prix soit néfaste pour les jeunes générations, elle a simultanément généré des gains considérables pour de nombreux propriétaires, notamment les Canadiens plus âgés qui investissent dans la propriété depuis plus longtemps. Par rapport à 1977, la valeur combinée des résidences principales Au Canada, la valeur des biens immobiliers a bondi de plus de 3 000 milliards de dollars. Les deux tiers de cette richesse supplémentaire appartiennent aux personnes de plus de 55 ans.

L'alignement de la politique du logement sur l'objectif de freiner la hausse des prix peut être favorisé par la mise en œuvre de mesures visant à… a un prix modeste face à cette inégalité croissante en matière de logement par le biais d'une légère surtaxe annuelle sur les maisons les plus chères — une proposition soutenue par 68 % des Canadiens selon sondage récentLa surtaxe s'appliquerait aux 12 % des maisons les plus chères, d'une valeur de 1 million de dollars ou plus — 88 % des Canadiens ne paieront pas un sou de plus. Mais cela contribuera à freiner la flambée des prix de l'immobilier qui creuse les inégalités de richesse et compromet l'accessibilité au logement pour les jeunes générations, tout en récoltant 5 milliards de dollars par an pour investir dans des logements locatifs et coopératifs très abordables et économes en énergie.

Pour accroître davantage l’offre de ces logements, le budget 2024 devrait harmoniser les mandats de la Banque de l’infrastructure du Canada avec ceux de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Voir ce rapport pour en profiter.

3. Renforcer la responsabilité en matière d’investissement dans le bien-être dès la petite enfance en adoptant quatre indicateurs clés :

  1. Surveiller le ratio entre les dépenses consacrées aux principaux investissements sociaux et les dépenses en soins médicaux.

    Science Cela montre que la santé ne se limite pas aux soins médicaux. Elle commence là où nous naissons, grandissons, vivons, travaillons et vieillissons. Alors que les longues listes d'attente et l'accès inégal aux soins primaires accentuent les pressions pour augmenter les dépenses consacrées au traitement des maladies par le biais du Transfert canadien en santé, il est de plus en plus important de souligner que des investissements dans des domaines comme le logement, les services de garde d'enfants, la lutte contre les changements climatiques, la réconciliation et la réduction de la pauvreté sont essentiels à la santé.

    L’inclusion d’un rapport sur le ratio des dépenses sociales et médicales dans le budget de 2024 permettra au Canada d’accorder la même priorité aux investissements dans le bien-être et la prévention des maladies qu’aux traitements des maladies. Le budget de 2024 devrait inciter l’Institut canadien d’information sur la santé à faciliter la production de ce rapport en utilisant ses données et son expertise pour suivre l’évolution du ratio des dépenses sociales par rapport aux dépenses en soins de santé.

  2. Analysez la répartition des dépenses publiques par âge.

    Le budget 2024 devrait comprendre une évaluation précise et pertinente de la répartition des dépenses par âge. Les méthodes de comptabilisation par âge actuellement utilisées, qui sont imparfaites, donnent lieu à l’idée fausse que les dépenses fédérales sont « âgistes » envers les aînés, même si les plus importantes augmentations budgétaires servent généralement à accroître les prestations de retraite. Cette distorsion des dépenses budgétaires nuit aux jeunes Canadiens (voir cette étude pour plus d'informations).

    Dans le budget de 2023, la plus forte augmentation des nouvelles dépenses a été consacrée à la Sécurité de la vieillesse (SV), qui connaîtra une hausse de 85.6 milliards de dollars entre 2023 et 2027 (tableau A1.7). Le budget prévoit également 49.3 milliards de dollars supplémentaires pour les soins médicaux, dont la moitié sera allouée aux 20 % de Canadiens âgés de 65 ans et plus (selon les données nationales sur la répartition des dépenses de santé par âge).

    Au total, cela représente 110 milliards de dollars de dépenses supplémentaires pour les retraités, soit 84 % du déficit prévu. À titre individuel, le budget 2023 a ajouté 4 300 dollars de dépenses par personne de plus de 65 ans, soit près de six fois plus que les 755 dollars de dépenses supplémentaires promis aux moins de 45 ans.

    Ces tensions intergénérationnelles sont exacerbées par le fait que le coût de la gestion de la dette fédérale augmentera de 62 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Ce montant est supérieur à la somme des augmentations prévues pour l’assurance-emploi, les services de garde d’enfants à 10 $/jour et l’Allocation canadienne pour enfants – des mesures essentielles pour les jeunes Canadiens.

    Avec le vieillissement de la population canadienne, les gouvernements ont besoin de davantage de revenus pour couvrir les coûts croissants des services de santé et de soutien du revenu auxquels les retraités s'attendent. Ils doivent trouver des moyens de générer ces revenus sans que cela n'entraîne de conséquences néfastes pour la population. comprimer financièrement les générations futures de leurs enfants et petits-enfants encore davantage qu'actuellement.

  3. Adoptez une mesure de l'inflation qui tienne compte de manière adéquate de la hausse des prix des logements.

    Le budget 2024 devrait charger Statistique Canada de corriger les données inexactes sur l’inflation des prix des maisons. Les données qui sous-estiment l’inflation en ne tenant pas suffisamment compte de la flambée des prix des maisons existantes risquent d’envoyer un mauvais signal à la Banque du Canada dans sa gestion des taux d’intérêt et de la politique monétaire. Si les faibles taux d’intérêt présentent des avantages économiques, ils contribuent aussi à la hausse des prix des maisons, car le coût réduit du crédit permet aux acheteurs de surenchérir. Ce problème systémique compromet l’équité intergénérationnelle en réduisant l’accessibilité au logement pour les jeunes résidents, tout en augmentant le patrimoine des propriétaires établis (souvent plus âgés). ce rapport pour en profiter.

  4. Renforcer la responsabilité en matière de réalisation des objectifs climatiques

    Le budget 2024 devrait prévoir des fonds pour élargir le mandat du Canada organe consultatif notamment en jouant un rôle de premier plan dans la définition des objectifs de réduction des émissions et en assurant la surveillance de leur mise en œuvre. La législation actuelle sur la carboneutralité prévoit peu de rapports sur les actions menées avant 2030, une transparence limitée en matière de modélisation et de projection des émissions, aucune obligation de recourir à un avis indépendant et aucune incidence claire sur le non-respect des objectifs. Alors que la loi canadienne permet au gouvernement d'évaluer lui-même s'il est en voie d'atteindre ses objectifs, expérience dans d'autres juridictions Cela confirme l’importance d’un organisme indépendant pour fournir des conseils et un suivi impartiaux et fondés sur des données probantes. Confier ce rôle au NZAB renforcera la responsabilité quant à l’atteinte des objectifs climatiques du Canada.

4. Continuer d’investir dans les services de garde d’enfants à 10 $ par jour à un niveau adapté à l’urgence de ces économies pour les familles canadiennes

Le budget 2024 devrait continuer à accélérer la mise en œuvre du nouveau système de garde d'enfants à 10 $ par jour et prendre des mesures pour garantir que ce tarif de 10 $ par jour soit la norme. maximales Un tarif unique pour tous (et non seulement pour la moyenne), sans frais pour les ménages à faibles revenus. Il faudrait appliquer la même logique à la garde d'enfants qu'à l'éducation publique et aux soins médicaux : les personnes les plus aisées contribuent davantage par leurs impôts, et non par des frais d'entrée plus élevés.

Conformément à un un rapport récent de la Colombie-BritanniqueLes financements fédéraux et provinciaux/territoriaux devraient également prioriser le versement de salaires équitables aux éducateurs de la petite enfance, compte tenu du professionnalisme dont ils font preuve. Une rémunération adéquate est essentielle pour attirer et retenir le personnel nécessaire afin de rendre les services de garde à 10 $ par jour accessibles à toutes les familles canadiennes, alors que les pressions sur l’abordabilité sont fortes.

5. Préserver la sécurité de la vieillesse et rendre notre système fiscal plus équitable entre les générations en réaffectant les fonds de deux crédits d'impôt pour les aînés qui coûtent 6.4 milliards de dollars par année : le crédit d'impôt pour personnes âgées et le crédit d'impôt pour revenu de pension.

Le maintien de notre revenu annuel garanti pour les aînés (RAG) est essentiel pour préserver la fière tradition canadienne d’investissement dans la sécurité financière des retraités. Ces investissements ont permis de réduire la pauvreté chez les aînés à un niveau inférieur à celui de tout autre groupe d’âge. 

Cependant, la viabilité des transports routiers est menacée par le vieillissement de la population. Les transports routiers ont coûté 69 milliards de dollars en 2022 et 96 milliards de dollars d'ici 2027. Cette augmentation annuelle de 27 milliards de dollars est aussi importante que… tout Le budget annuel de l'assurance-emploi est trois fois supérieur à l'investissement fédéral total dans les services de garde d'enfants à 10 $/jour. De fait, les coûts de l'assurance-chômage augmentent plus rapidement que ceux de toutes les autres mesures du budget fédéral. 

Malheureusement, les recettes fiscales ne suivent pas le rythme de la hausse du coût des transports. Cela entraîne une augmentation des déficits publics et une pression accrue pour limiter les dépenses dans d'autres domaines afin de compenser ce manque à gagner, notamment les investissements dans le bien-être des jeunes et des générations futures.  

À l'origine de ces tendances préoccupantes se trouve une dure réalité : durant leur vie active, les baby-boomers payaient des impôts alors qu'il y avait sept adultes en âge de travailler pour chaque retraité. Aujourd'hui, à la retraite, ils s'attendent à des services équivalents, voire meilleurs, alors qu'il n'y a que trois Canadiens en âge de travailler pour financer chaque aîné. Les conséquences sur la rigueur budgétaire et sur les impôts des jeunes sont considérables. Il reste peu de revenus à investir dans les enfants et petits-enfants des baby-boomers, et nous accablons leur descendance d'une dette publique toujours plus lourde. 

Le gouvernement fédéral pourrait réaffecter 6.4 milliards de dollars par an pour contribuer à couvrir le coût croissant de la pension de retraite en supprimant deux crédits d'impôt contestables. Ces crédits ciblent les retraités bénéficiant de la pension de retraite. Une réaffectation totale, voire partielle, permettrait donc de garantir les recettes nécessaires au financement de la pension de retraite face à l'augmentation continue des coûts. 

5 milliards de dollars par an.  Le Crédit d'âge Ce programme accorde un avantage fiscal aux personnes de plus de 65 ans dont le revenu annuel ne dépasse pas 92 000 $ – soit environ 25 000 $ de plus que le revenu médian des Canadiens. Il est arbitraire d’attribuer un crédit d’impôt fondé sur l’âge aux aînés, qui constituent le groupe d’âge le plus aisé et le moins touché par la pauvreté.  

1.4 milliards de dollars par an.  Le Crédit de revenu de pension Ce dispositif permet à toute personne âgée percevant une pension de bénéficier d'une exonération fiscale partielle, indépendamment de son revenu total. Ce crédit d'impôt traite ainsi les pensions différemment des revenus d'un travail rémunéré. Les adultes en âge de travailler ne bénéficient pas d'un tel avantage fiscal sur leurs revenus, même les travailleurs au salaire minimum et les autres travailleurs à bas salaires, plus exposés à la pauvreté et à l'instabilité du logement.

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À propos de Generation Squeeze
Generation Squeeze est une force motrice pour l'équité intergénérationnelle, visant à améliorer le bien-être des Canadiens, grâce à la voix des jeunes et à des recherches de pointe.

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