Recommandations pour le budget fédéral de 2026

Pour bâtir un Canada où les personnes de tous âges peuvent s'épanouir et pour relever le défi générationnel énoncé dans la lettre de mandat du premier ministre Carney, Generation Squeeze exhorte Ottawa à donner suite à quatre recommandations dans le budget 2026.

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Andréa Long
/06 janvier 2026

Pour bâtir un Canada où les personnes de tous âges peuvent s'épanouir et pour relever le défi générationnel énoncé dans le plan du premier ministre Carney Lettre de mandatGeneration Squeeze recommande que le budget 2026 mette immédiatement en œuvre les 4 recommandations suivantes.

Recommandation 1 : Rendre la sécurité des personnes âgées responsable, moderne et équitable

Face à la hausse du coût de la vie et à l'incertitude économique croissante, il est essentiel que nos investissements collectifs dans les aides au revenu parviennent à ceux qui en ont réellement besoin. La Sécurité de la vieillesse (SV) ne remplit plus cet objectif. Les couples retraités disposant de revenus à six chiffres reçoivent 14 milliards de dollars par an en subventions de la SV, tandis que plus de 400 000 personnes âgées vivent dans la pauvreté et que les jeunes et les actifs sont confrontés à une précarité financière croissante. De toute évidence, la SV s'est éloignée de son objectif initial de protection des personnes âgées contre la précarité financière – un constat renforcé par… Vérificateur général constatant qu'Ottawa ignore si SV atteint ses objectifs, et par couverture médiatique régulière des personnes âgées possédant des millions d'actifs et bénéficiant de subventions publiques pour les personnes âgées.

Il y a un solution pratiqueEn demandant à seulement 20 % des couples retraités dont le revenu familial dépasse 100 000 $ de réduire légèrement leur contribution au programme de restauration sociale, le Canada peut réaliser des économies suffisantes pour éliminer la pauvreté chez les aînés et améliorer l’accessibilité financière pour les jeunes et les travailleurs. Ce plan avantageux pour tous reflète la solidarité intergénérationnelle que de nombreux Canadiens pratiquent au quotidien au sein de leurs familles – et c’est pourquoi des salons de vote Une forte majorité de personnes de tous âges soutient ces changements. Les aînés eux-mêmes prennent la parole pour le dire. Ils sont prêts à accepter moins de SV afin que les fonds puissent être utilisés pour faire progresser d'autres priorités nationales importantes.

Le seuil de 100 000 $ pour l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) est largement supérieur au revenu familial médian du Canada, qui s’élève à 74 200 $. Il demeure également plus avantageux que les autres programmes de soutien du revenu. L’ACE est réduite à partir de 81 000 $ de revenu familial, même si les familles avec enfants connaissent des taux de pauvreté plus élevés, possèdent moins de patrimoine et sont moins susceptibles d’être propriétaires que les Canadiens plus âgés.

La nécessité de moderniser les prestations de revenu des aînés a été reconnue il y a plusieurs décennies. Dans les années 1990, le gouvernement libéral a proposé des réformes pour faire face aux pressions du vieillissement de la population et réduire le fardeau financier des jeunes générations. Le premier ministre Chrétien a alors amorcé ce processus par des changements radicaux visant à assurer la viabilité du Régime de pensions du Canada – dont le succès constitue aujourd’hui un élément clé de son héritage. Des mises à jour similaires n’ont pas été apportées aux prestations de retraite des aînés et sont maintenant encore plus urgentes ; mieux vaut tard que jamais.

Représentant près d'un cinquième du budget fédéral, les dépenses liées à la réforme de la vie sociale suffisent déjà à maintenir le niveau actuel d'aide financière pour 80 % des aînés, tout en éliminant la pauvreté chez ces derniers et en améliorant l’abordabilité pour les ménages en âge de travailler et leurs enfants. Le budget 2026 peut instaurer un changement générationnel en rendant la réforme de la vie sociale responsable, moderne et équitable.

 

Recommandation 2 : Supprimer les crédits d’impôt obsolètes qui n’apportent pas de soutien financier à ceux qui en ont besoin.

Les crédits d’impôt non remboursables pour personnes âgées et retraités coûtent environ 7 milliards de dollars par année aux Canadiens, sans pour autant aider la plupart des aînés à faible revenu. Les données de l’Agence du revenu du Canada confirment que seulement 39 % des demandeurs du crédit pour personnes âgées et 17 % des demandeurs du crédit pour revenu de pension déclarent un revenu inférieur à 25 000 $. Réaffecter les fonds de ces crédits d’impôt inefficaces au système de Supplément de revenu garanti (SRG) et de bonification de revenu (BRR) serait une bien meilleure façon d’améliorer la sécurité du revenu des retraités économiquement marginalisés.

Le crédit d'impôt pour les personnes âgées coûte 5.5 milliards de dollars par année. Cela équivaut à l'investissement total d'Ottawa en 2023 dans les services de garde d'enfants à 10 $ par jour – une somme largement considérée comme historique. Ce crédit permet de mettre à l'abri de l'impôt jusqu'à 8 000 $ de revenu pour les personnes de plus de 64 ans, offrant un avantage maximal de 1 200 $ aux retraités dont le revenu se situe entre 25 000 $ et 40 000 $. Bien que cet avantage diminue progressivement par la suite, il demeure avantageux pour les retraités dont le revenu avoisine les 100 000 $. Compte tenu des données de Statistique Canada selon lesquelles de nombreux jeunes retardent ou renoncent à la parentalité en raison des pressions financières causées par l'écart croissant entre le coût du logement et les revenus, le caractère arbitraire de cet avantage fiscal, fondé sur l'âge, semble de plus en plus arbitraire – surtout lorsque l'on sait que les aînés sont le groupe d'âge le plus aisé et le moins touché par la pauvreté.

Le crédit pour revenu de pension coûte 1.4 milliard de dollars par année à Ottawa. Il permet à tout retraité d’exonérer d’impôt jusqu’à 2 000 $ de revenu de pension, ce qui représente une économie d’environ 295 $ pour les aînés dont le revenu dépasse 25 000 $ – un montant qui ne diminue pas à mesure que le revenu augmente. Ce crédit privilégie le revenu de pension par rapport aux revenus d’un travail rémunéré, même si les travailleurs à bas salaire sont plus exposés aux risques de pauvreté et d’insécurité du logement que les retraités.

Ces crédits avaient été désignés pour être éliminés sous le gouvernement Chrétien, afin de préserver les fonds nécessaires pour faire face aux pressions budgétaires prévisibles sur SV dues au vieillissement de la population. Face à l'explosion actuelle des déficits, il est opportun de reconsidérer cette stratégie.

 

Recommandation 3 : Éliminer la pauvreté des aînés et améliorer l’abordabilité pour les jeunes et les personnes en âge de travailler au Canada

Une modélisation détaillée des politiques (à l’aide de la Base de données et du Modèle de politiques sociales de Statistique Canada) démontre que les recommandations 1 et 2 permettront de réaliser des économies annuelles d’au moins 14 milliards de dollars. Il en résulte un potentiel de transformation considérable pour concrétiser les engagements pris par le premier ministre Carney dans sa lettre de mandat, à savoir réduire les coûts et aider les Canadiens à améliorer leur situation financière, tout en veillant à ce que les fonds des contribuables soient dépensés efficacement par Ottawa. Le tout sans augmenter les impôts ni creuser le déficit.

Comparativement aux investissements relativement modestes réalisés récemment dans la nouvelle Prestation d’invalidité ou le Programme d’alimentation scolaire, des mises à jour responsables des politiques de retraite du Canada peuvent :

  • Éliminer la pauvreté des personnes âgées en versant en moyenne 5 000 $ de plus à chacun des 400 000 aînés qui vivent sous le seuil de pauvreté officiel.
  • Doubler les investissements fédéraux dans le logement et l'enseignement postsecondaire
  • Accélérer de 50 % l'expansion des services de garde d'enfants à 10 $ par jour
  • Financez le programme canadien d'aide aux produits d'épicerie et essentiels récemment annoncé
  • Et plus encore

Alors que le budget 2026 examine les dépenses et vise des investissements à fort impact, il est opportun de moderniser les subventions aux retraités financièrement stables afin d’aider le Canada à faire face aux défis actuels. Les retombées financières sont importantes et les Canadiens sont prêts.

 

Recommandation 4 : Renouveler la stratégie nationale du logement et combler les lacunes actuelles

La Stratégie nationale sur le logement (SNL) du Canada prendra fin en 2027. Son renouvellement est essentiel pour mettre en place un cadre global d’investissement dans le logement en cette période de crise persistante d’accessibilité. Le budget 2026 doit s’engager à créer une SNL de nouvelle génération qui réponde à cinq objectifs :

i) Fixer un objectif clair pour les prix des logements

Lorsque les prix de l'immobilier augmentent plus vite que les revenus, trop de jeunes et de locataires de tous âges n'ont plus les moyens de se loger. Un système de santé publique renouvelé doit répondre à cette situation. la question la plus importante Pour réformer le système de logement canadien : voulons-nous que les prix des maisons augmentent, stagnent ou diminuent ?

Il est mathématiquement impossible de parvenir à une plus grande accessibilité au logement. sans La valeur des maisons est en baisse. Tant que la stratégie canadienne en matière de logement ne s'engagera pas à stabiliser (voire à faire baisser) la valeur des maisons, les milléniaux et la génération Z seront confrontés à des loyers et des prêts hypothécaires inabordables. Les jeunes sont contraints de supporter ce fardeau afin de préserver le patrimoine que les propriétaires qui les ont précédés ont déjà accumulé grâce à des décennies de prix élevés et en constante augmentation.

ii) Reconnaître que les jeunes méritent une compensation pour avoir sacrifié leur sécurité financière afin de protéger le patrimoine immobilier acquis par les propriétaires plus âgés.

Au cours des cinquante dernières années, les propriétaires immobiliers ont accumulé 1 500 milliards de dollars de patrimoine. La hausse des prix a fait grimper leurs fonds propres, leur permettant de constituer une épargne sur laquelle beaucoup comptent désormais.

Les politiques canadiennes en matière de logement sont conçues pour protéger ces gains en capital, préservant ainsi le patrimoine de nombreux propriétaires actuels. coût de ce choix Ce sont les loyers et les prix des logements inabordables qui nuisent aux finances des Millennials et de la Génération Z, limitant leurs options en matière de logement, ainsi que leurs choix concernant le travail, l'éducation et la fondation d'une famille.

Le plans de Les jeunes méritent cet acte profond de solidarité intergénérationnelle, qui se fait attendre depuis trop longtemps. Un système de santé publique rénové devrait engager un dialogue sur la meilleure façon de le mettre en œuvre, notamment en réaffectant une partie des économies réalisées grâce à la réforme de la sécurité des personnes âgées à la réduction des coûts liés au logement, à la garde d'enfants, à l'éducation et à d'autres dépenses.

iii) Reconnaître que la politique du logement doit tenir compte du patrimoine immobilier

L'inaccessibilité au logement et la constitution d'un patrimoine immobilier sont les deux faces d'une même pièce. Les loyers et les prix élevés qui excluent les jeunes et les locataires de tous âges augmentent le patrimoine des propriétaires. Le fait que le NHS (service national de santé britannique) n'aborde pas la question du patrimoine constitue une lacune aux conséquences politiques majeures.

Un système de santé national renouvelé doit corriger cette erreur, en reconnaissant que les prix élevés et en constante augmentation ont été avantageux pour de nombreux propriétaires canadiens et que nos choix politiques ont privilégié la protection de ces gains au détriment de mesures ambitieuses visant à améliorer l'accessibilité au logement. Cette reconnaissance constitue le point de départ de la révision des exemptions pour gains en capital et des structures de taxation foncière qui protègent une accumulation de richesse considérable dans les résidences principales, renforçant ainsi notre dépendance culturelle La hausse des prix de l'immobilier est considérée comme un plan d'épargne-retraite privé. On ne peut pas encourager la spéculation immobilière par des allégements fiscaux sans s'attendre à ce que la valeur des logements augmente plus vite que les revenus locaux.

iv) Ne pas se limiter à la construction de logements

Le Canada a certes besoin de plus de logements familiaux et locatifs, mais l'offre à elle seule ne suffit pas à réaligner les prix des logements sur les revenus locaux. Des améliorations progressives récentes en matière d'accessibilité au logement ont été constatées. Ontario surélevées que pour les BC se sont produits malgré s'affaisse dans le secteur de la construction neuve. Cette tendance est renforcée par des données montrant Depuis les années 1970, l'offre de logements a augmenté plus rapidement que la population canadienne. – alors même que l’accessibilité financière s’est considérablement détériorée au cours du dernier demi-siècle.

Ces tendances montrent clairement que construire davantage est nécessaire, mais insuffisant. Le nouveau système de santé national du Canada doit accompagner ses efforts d'accélération de la construction d'un engagement tout aussi fort pour s'attaquer aux facteurs liés à la demande et aux choix politiques qui ont fait grimper les prix de façon indécente.

v) Mettre en œuvre une mesure précise de l'inflation du logement

Le mandat de la Banque du Canada lie sa cible d'inflation de 2 % à un indice des prix à la consommation qui sous-estime l'inflation du logement En se concentrant excessivement sur les frais liés à la possession d'un logement, et insuffisamment sur son coût réel d'acquisition, on risque de créer une situation paradoxale. Lorsque les prix de l'immobilier flambent sans que les indicateurs officiels de l'inflation ne le reflètent, les taux d'intérêt restent bas plus longtemps, alimentant involontairement le marché immobilier.

Si nous voulons un système de logement qui ne se remette pas en place à chaque cycle de crédit bon marché, le NHS doit s'assurer que l'objectif de 2 % fixé par la Banque reflète le coût réel du logement – ​​c'est-à-dire en incluant le prix d'achat total des maisons et des terrains.

 

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À propos d'Andrea Long
Andrea est directrice principale de la recherche et de la mobilisation des connaissances chez Generation Squeeze.

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