Le système de crédit bon marché

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Génération Squeeze
/26 janvier 2022

Il est temps de cesser de cacher la dure réalité de l'inflation immobilière qui nuit aux jeunes Canadiens

Vous nous avez peut-être déjà entendu dire qu'il n'existe pas de solution miracle pour résoudre le problème de l'accessibilité au logement ; seulement des mesures ponctuelles. L'offre de logements est un élément de la solution, la protection des locataires en est un autre, tout comme la politique fiscale. Un élément dont nous n'avons pas encore beaucoup parlé est la politique monétaire.

Oui, on sait que ce n'est pas très glamour. Mais pour ceux qui ont du mal à se loger, ou qui s'inquiètent de savoir si leurs enfants pourront se loger, des éléments comme les taux d'intérêt et l'inflation sont essentiels.  

Si les liens entre politique monétaire et accessibilité au logement vous intéressent vraiment, poursuivez votre lecture ! Sinon, voici un aperçu de la manière dont notre système de crédit bon marché contribue à la crise du logement au Canada.

  • Les prix de l'immobilier ont explosé, mais sans incidence notable sur l'inflation officielle au Canada. La raison ? Statistique Canada ne parvient pas à mesurer avec précision l'inflation des prix des logements.  
  • Par conséquent, la Banque du Canada a reçu un signal erroné concernant les taux d'inflation réels et a utilisé ce signal erroné pour prendre des décisions concernant des éléments comme les taux d'intérêt, qui demeurent à des niveaux historiquement bas.  
  • La baisse des taux d'intérêt incite tout le monde à souscrire à des prêts hypothécaires plus importants. 
  • L'accès à des prêts hypothécaires plus importants pour tous fait grimper les enchères sur les logements, ce qui alimente une flambée des prix. Les propriétaires s'enrichissent, tandis que l'accessibilité au logement se détériore pour tous les autres.

Frustré(e) ? Ne vous énervez pas, organisez-vous ! Lisez notre nouveau guide. rapport sur les inégalités en matière de logement, qui formule des recommandations précises pour aider nos responsables de la politique monétaire à minimiser les dommages collatéraux causés aux jeunes Canadiens par l'inabordabilité du logement.

Graphique illustrant les prix des logements par rapport aux revenus à temps plein des jeunes

Inflation et prix des logements


L'inflation désigne simplement la hausse des prix. Lorsque les prix augmentent, la quantité de biens et services que vous pouvez acheter avec la même somme d'argent diminue. L'argent a moins de valeur.

C’est la situation actuelle. L’inflation augmente, tout comme l’inquiétude des Canadiens quant à leur capacité à se procurer les biens et services dont ils ont besoin.  

Bien que l'attention portée à l'inflation croissante se soit intensifiée ces derniers mois, nous aurions pu (et dû) savoir il y a des années que l'inflation représentait un risque au Canada. La preuve était pourtant flagrante : la flambée des prix de l'immobilier.

C’est un problème coûteux que de constater que nous sommes plus à même de mesurer la hausse du prix des légumes que celle du logement.

Statistique Canada mesure l'inflation à l'aide de l'indice des prix à la consommation (IPC). Or, depuis des années, l'IPC ne mesure pas avec précision l'inflation du logement.  

C’est un problème majeur, car la Banque du Canada, les gouvernements et les entreprises utilisent ces données (erronées) sur l’inflation pour prendre des décisions concernant les taux d’intérêt, les tranches d’imposition, les pensions, les salaires, etc. Or, ces décisions ne tiennent pas compte de l’inflation galopante des prix de l’immobilier ni des dommages qu’elle cause, notamment aux jeunes générations. 

Il faut que nos données sur l'inflation cessent de masquer la hausse du principal coût de la vie : le logement. La première étape consiste à corriger la source du problème. rapport demande à Statistique Canada de suivre plus précisément l’inflation du logement en : 

  1. En s'appuyant moins sur l'indice des prix des logements neufs pour suivre l'évolution de la valeur des maisons et des prêts hypothécaires, et en intégrant davantage les données sur le prix des logements existants. Découvrez ce que Conseil des entreprises de la Colombie-Britannique a quelque chose à dire sur la sous-estimation dramatique de l'inflation des prix des logements existants.
  2. Il faut tenir compte du coût des mises de fonds et des remboursements de capital. Vous serez peut-être surpris d'apprendre que Statistique Canada ne prend pas en compte ces coûts dans le calcul de l'inflation, alors qu'il s'agit des dépenses les plus importantes pour quiconque souhaite accéder à la propriété.
  3. Il est important de suivre la valeur moyenne des logements par rapport aux revenus typiques (surtout pour les jeunes qui accèdent au marché du logement), car un logement devrait être accessible à ceux qui gagnent grâce à leur travail. Les mesures actuelles se concentrent sur les dépenses des Canadiens, et non sur le prix réel des logements ! Nos dépenses sont limitées par nos revenus ; ainsi, à mesure que le prix des logements augmente, nous dépensons plus pour acheter moins.
  4. Les effets à court et à long terme de la politique monétaire sur la demande de crédit hypothécaire et l'inflation des prix du logement sont importants et doivent être compris. En tant qu'autorité canadienne en matière d'inflation, Statistique Canada devrait publier annuellement les meilleures données probantes disponibles sur l'influence de la politique monétaire sur le patrimoine immobilier et l'accessibilité au logement.

En bref : il est temps de mesurer ce qui se passe réellement en matière d'inflation immobilière, afin de pouvoir résoudre le problème. 
  

Qu'est-ce qui rend les taux d'intérêt intéressants ? 


Les taux d'intérêt sont le principal outil utilisé par la Banque du Canada pour influencer l'inflation. 

Des taux d'intérêt plus élevés exercent une pression à la baisse sur l'inflation, car ils rendent l'emprunt plus coûteux. Des taux d'intérêt plus bas ont l'effet inverse : ils incitent les Canadiens à emprunter, car le remboursement est moins onéreux à long terme lorsque les intérêts accumulés sont faibles. 

Le Canada affiche des taux d'intérêt extrêmement bas depuis des années. Si vous êtes à la recherche d'une maison ou si vous avez un prêt hypothécaire à rembourser, vous pourriez penser que c'est une bonne chose. Nous comprenons ! Il est déjà assez difficile d'accéder à la propriété sur le marché immobilier canadien en surchauffe sans que des paiements d'intérêts plus élevés ne viennent alourdir la facture. 

Mais voilà le hic. Les taux d'intérêt bas dont vous vous réjouissez peut-être aujourd'hui sont l'un des facteurs qui ont fait grimper les prix de l'immobilier et engendré la crise du logement. En effet, ces taux bas permettent aux acheteurs de surenchérir tout en maîtrisant leurs mensualités.  

Ne vous laissez pas berner par le système de crédit à bas coût.

Il en résulte une spirale néfaste.  

Les propriétaires souhaitent que les taux d'intérêt restent bas, car cela réduit le coût de leur emprunt. Des taux d'intérêt bas entraînent une hausse continue des prix de l'immobilier. Les propriétaires commencent à accueillir favorablement cette hausse, car elle leur assure un excellent retour sur investissement. L'augmentation des prix de l'immobilier dépasse celle des revenus, rendant l'accès à la propriété de plus en plus difficile pour un nombre croissant de Canadiens.

Nombre d'entre nous se sont retrouvés pris dans cet engrenage sans avoir simplement réagi rationnellement aux circonstances. Nous le savons, nous sommes tous dans le même bateau. Demandez donc à Paul Kershaw, fondateur de Gen Squeeze, dont la maison dans la région métropolitaine de Vancouver a pris de la valeur d'un demi-million de dollars en 2021 ! 

Quelles que soient nos intentions, nous devons faire face au fait que beaucoup d'entre nous font désormais partie d'un système qui compromet l’abordabilité pour des générations de jeunes Canadiens.  

Pour mettre au jour ce cercle vicieux, notre rapport Il est recommandé que Statistique Canada publie un rapport annuel sur le lien entre la politique monétaire et les prix des logements. Il s’agit d’une première étape simple pour garantir que la politique monétaire maximise les retombées économiques tout en minimisant les dommages collatéraux à l’accessibilité au logement. La prospérité économique devrait être mesurée en fonction de l’augmentation ou de la diminution des efforts nécessaires pour payer le principal coût de la vie – le logement – ​​et de la durabilité sociale, économique et environnementale de l’économie.

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Generation Squeeze est une force motrice pour l'équité intergénérationnelle, visant à améliorer le bien-être des Canadiens, grâce à la voix des jeunes et à des recherches de pointe.

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