Nous avons besoin de l'aide de personnes âgées financièrement stables.

Le Canada a besoin d'une conversation franche sur la façon de financer les soins médicaux à l'ère du vieillissement de la population – une conversation qui exigera que les aînés financièrement à l'aise s'impliquent.

Au cours des cinquante dernières années, la part des aînés a doublé, passant d'environ 10 % à 20 %, ce qui a entraîné une hausse prévisible et substantielle des coûts liés au vieillissement. En effet, les Canadiens de plus de 65 ans ont recours à environ quatre fois plus de soins médicaux que ceux de moins de 50 ans. Cette évolution met à rude épreuve l'universalité de notre système de santé, ajoutant l'équivalent de millions de patients aux listes d'attente, bien au-delà de la seule croissance démographique.

Cela ajoute à son tour des dizaines de milliards de dollars par an aux budgets médicaux provinciaux, faisant basculer de nombreuses provinces d'une situation d'excédent à une situation de déficit persistant.

Ces pressions étaient prévisibles.

Pourtant, mis à part le Régime de pensions du Canada – où les cotisations ont augmenté de 68 % à la fin des années 1990 afin d’inciter les baby-boomers à préfinancer une plus grande partie de leurs prestations de retraite –, l’approche fiscale du Canada dans son ensemble est demeurée largement indifférente à l’âge. Les gouvernements n’ont pas prévu de recettes suffisantes pour couvrir les coûts plus élevés des soins, concentrés plus tard dans la vie.

Les conséquences sont désormais inévitables.

Les gouvernements protègent en réalité le portefeuille des baby-boomers en sous-investissant dans leurs enfants et petits-enfants, et en empruntant.— Rassurant à court terme, mais risqué à long terme. Comme ces coûts n'étaient pas prévus au préalable, une grande partie de la croissance des dépenses publiques est désormais absorbée par les soins médicaux destinés aux personnes âgées, ce qui réduit les ressources disponibles pour les fondements d'une société saine, tels que le logement, la garde d'enfants, l'éducation et la lutte contre la pauvreté.

Les jeunes Canadiens sont confrontés à l'autre aspect de la question. Ils contribuent davantage au bien-être des générations plus âgées par le biais de l'impôt sur le revenu que les générations précédentes au même âge, tout en devant composer avec un coût de la vie plus élevé et une réduction des investissements publics à leurs propres étapes de la vie.

Pour corriger ce déséquilibre, il faudra demander aux baby-boomers financièrement à l'aise de contribuer davantage, proportionnellement aux coûts des soins utilisés par leur génération.

Cela ne signifie toutefois pas instaurer des frais d’utilisation au moment des soins. L’accès universel aux services de santé – pour les Canadiens de tous âges – doit être protégé et renforcé.

Des décennies de preuves montrent que les systèmes de santé publique fonctionnement optimal Lorsque tous accèdent au système public de manière égale, les plus aisés contribuent davantage grâce à un système d'imposition progressif, la facturation des soins au chevet du patient compromettrait ce principe, incitant les patients les plus fortunés à se tourner vers le secteur privé et laissant le système public avec des cas plus complexes et des ressources réduites.

La protection de l'accès universel nécessitera donc un nouveau dialogue sur les recettes. Étant donné que les jeunes générations Ils paient déjà de 20 à 40 % de plus en impôts sur le revenu. en ce qui concerne le bien-être des personnes âgées, plus que ne l'ont fait les baby-boomers au même âge, Les retraités financièrement à l'aise devront rattraper le temps perdu grâce aux cotisations prélevées par le biais du système fiscal, tout comme on a demandé aux Canadiens d'accepter d'importantes augmentations de leurs cotisations au RPC à la fin des années 1990.

Certains pourraient tenter de détourner l'attention en se concentrant uniquement sur les ultra-riches. Bien qu'ils contrôlent une part effrayante des ressources mondiales, la situation budgétaire du Canada démontre clairement qu'une base de revenus solide ne peut se limiter aux 1 % les plus riches.

Considérons le NPD proposition d'impôt sur la fortune Dans le cadre de la campagne électorale de 2025, on estime que le montant à 23 milliards de dollars par année sera recueilli auprès des personnes possédant une fortune supérieure à 10 millions de dollars. Cela paraît considérable, jusqu'à ce qu'on se souvienne que le déficit d'Ottawa dépasse maintenant les 70 milliards de dollars et que le vieillissement de la population ajoute 66 milliards de dollars aux dépenses de santé provinciales.

Cela rend le travail à venir politiquement difficile, car il nécessite une conversation honnête sur les impôts parmi beaucoup d'entre nous – et pas seulement parmi les 1 % les plus riches.

Mais si nous voulons que les soins médicaux demeurent universels dès l’entrée dans le système de santé, nous devons les financer par une fiscalité progressive qui reflète la répartition des coûts d’une génération à l’autre. C’est ainsi que nous assurons le vieillissement en santé des aînés canadiens tout en respectant nos engagements envers les générations futures.